RETOUR DE FOSSE (SOUS ACIDE)- GONG × BLOOD INCANTATION : VOYAGE ASTRAL, GROWL ET GÉRARD JUGNOT
(Après Ultra Vomit et la Compagnie Créole, je demande Gong × Blood Incantation ou comment passer une bonne soirée quand même. J’ai un témoin. Attention : cet article contient de la mauvaise foi. Que les puristes aillent faire un golf.)
Cette semaine, à l’Interference de Balma, près de Toulouse, ils ont programmé Gong (space rock, rock psychédélique et progressif français totalement barré avec hallucinations sur des théières volantes) juste avant Blood Incantation (death metal américain avec beaucoup de prog, de l’ambient, très basé cosmologie).
J’en ai avalé mon Chocapic de travers.
Et plus encore quand j’ai constaté que ce n’était pas un abus de cassoulet mais une tournée européenne.
Autrement dit, quelqu’un a officiellement décidé que ce grand écart cosmique était l’idée du siècle. Et j’aurais aimé assister à cette réunion de programmation.
Il existe donc quelque part un être humain qui a regardé Gong, puis Blood Incantation, et qui a déclaré : « Oui. C’est logique ! » Et personne n’a jugé utile d’intervenir. Parce que les deux revendiquent une passion commune pour les trucs bizarres venus de l’espace. Ceci explique cela.
Malgré tout. On se retrouve avec :
D’un côté, Gong : du saxophone, des montées à partir en filet de bave en fixant le plafond, des claviers planants, et une musique qui t’envoie en voyage astral. On s’attend presque à un stand de bols tibétains.
De l’autre, Blood Incantation : des monolithes géants, des riffs abyssaux, des blast beats et une ambiance qui laisse penser que l’univers va s’effondrer dans les cinq prochaines minutes. Il manque qu’un alien hostile collé à la nuque.
Et quelqu’un qui murmure : « Ça va, c’est du prog ».
Oui. Mais non.
Merveilleux.
Et ce qui est encore plus merveilleux, c’est que l’un des Fosseux, Christophe GrizzlyBob, a eu la chance d’assister à la collision des deux mondes.
Il m’a envoyé un rapport de terrain qui étaye cette dinguerie. Je tiens donc à le remercier officiellement. Je lui ai aussi demandé s’il avait des photos.
Il m’a répondu : « Non. On est des puristes. On regarde avec nos yeux ».
J’ai immédiatement décidé que cet homme méritait sa carte de correspondant. J’ai donc pris l’affiche, les deux photos promo qui déjà posent l’ambiance… Pour le reste, y’a des photos de concert en ligne.
MARDI SOIR. DONC.
Quelqu’un a eu l’idée parfaitement raisonnable de programmer Gong et Blood Incantation dans la même salle.
Autrement dit :
✅ voyage cosmique sous champignons
versus
✅ crash contrôlé sur une planète peuplée de divinités hostiles.
Le grand écart est validé.
Scène surréaliste, comme l’explique Christophe : « Je retiens cette image lunaire de Gong jouant au milieu du décor, pas franchement feng shui, de Blood Incantation ».
Car le décor, lui, n’a même pas été changé.
Deux immenses monolithes.
Un fond de scène apocalyptique.
Ambiance : Nous allons invoquer quelque chose.
Gong joue là-dedans comme si c’était parfaitement normal.
Ils ont dû regarder autour d’eux en se disant : « Tiens… l’ambiance est un peu plus sombre que d’habitude ».
Et décider de s’en foutre.
Christophe raconte aussi avoir vu un « saxophoniste-clarinettiste nous régaler de mélodies charmantes avant d’être symboliquement pulvérisé par les blast beats et le growl ».
J’aime énormément cette phrase.
Et quel set.
Blood Incantation a eu le « chic de jouer intégralement son dernier album Absolute Elsewhere ».
Et c’est fort bienvenu.
Parce que, comme le dit Christophe : « C’est un concept qui mérite d’être vécu du début à la fin ». Quitte à ouvrir une faille spatio-temporelle, autant le faire correctement.
PUBLIC
Côté public, Christophe parle d’un « public bigarré » où se côtoyaient babosses pur jus en chemises à carreaux ou robes blanches et métalleux authentiques.
Avec une grande variété de t-shirts.
Majoritairement du death old school.
Mais le black était lui aussi très bien représenté.
Autrement dit, une convention de paix temporaire entre Woodstock et les abysses.
Et pourtant…
Ça marche.
Va comprendre.
GUITARISTE SOSIE DE JUGNOT
Pour ce concert, pas de costumes extravagants.
Pas de poireau.
Pas de T-Rex.
Je suis limite déçue.
En revanche, Paul Riedl, guitariste et chanteur de Blood Incantation, ressemble, selon notre correspondant, à « Gérard Jugnot avec la coupe de Devin Townsend époque Strapping Young Lad, tout en distribuant des riffs bien gras, des solos de l’espace et des chants mi-death, my-stiques ».
Cette phrase n’avait probablement jamais été prononcée dans l’histoire de l’humanité. Depuis cette observation, il est malheureusement impossible de ne plus voir Gérard Jugnot.
Un concert où Gong joue devant des monolithes démoniaques.
Blood Incantation qui transforme Gérard Jugnot en guitar hero cosmique.
Franchement… Merci Christophe.
Continue à m’envoyer des comptes rendus comme ça. Tu nourris la science et je me suis régalée.
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