SKINDRED OU SUN AU KAVE FEST ? LE GROOVE AVANT LES ÉTIQUETTES !

SUN KAVE FEST 2026

(Ou pourquoi les chapelles musicales me fatiguent profondément.)

Cette année, au Kave Fest, j’ai eu une révélation sous hydromel.

C’est une méthode scientifique assez peu documentée. Entre illumination mystique et discussion de comptoir.

Mais je crois qu’elle tient la route.

Et je voulais vous en faire part.

Je suis repartie de Normandie en me disant un truc tout bête : les groupes qui m’atteignent aujourd’hui, avec trente-cinq piges de concerts dans les pattes, sont ceux qui refusent obstinément de rentrer dans une case.

Je sais.

À cet instant précis, quelque part, un puriste est en train de s’étrangler dans son battle jacket en criant :

« Ça, c’est pas du vrai métal ! »

C’est son droit.

Moi, les chapelles musicales, ça m’emmerde.

Et plus ça va, moins ça s’arrange.

Je ne comprends toujours pas cette manie qu’ont certains de contrôler les papiers d’identité musicale des groupes.

Suffisamment punk pour les punks.

Suffisamment métal pour les métalleux.

Suffisamment goth pour les goths.

Suffisamment post-punk pour les vieux grincheux comme moi.

J’ai toujours préféré les artistes qui regardent les barrières entre les genres en disant simplement :

« On s’en bat les steaks. Viens, on joue ! »

Hier, j’en ai vu deux.

Deux groupes qui n’ont, en apparence, absolument rien à voir.

D’un côté, Skindred, vétérans gallois qui mélangent métal, reggae, ragga, hip-hop et fusion depuis trente ans.

De l’autre, SUN, projet français qui fait cohabiter pop, métal, électro et death metal sous le nom de « Brutal Pop ».

Deux trajectoires opposées.

Une même philosophie.

Faire chier les puristes.

SKINDRED, LE MÉTAL QUI ONDULE

✅ Ce que j’ai vu sur scène

Skindred ne joue pas un concert.

Skindred déclenche une réaction en chaîne.

Au bout de trois morceaux, les slams arrivent.

Puis les circle pits.

Puis les métalleux se mettent à chalouper sur du ragga.

J’ai vu des chaussures disparaître, un barbu finir torse nu avec une godasse à la main et des gens sortir de la fosse avec un sourire jusqu’aux oreilles.

Ils balancent des riffs énormes.

Puis, sans prévenir, tu te retrouves à chanter « Woop Woop » sur un groove improbable en faisant tourner ton tee-shirt au-dessus de ta tête.

Leur plus grand talent n’est peut-être pas de faire jouer du reggae à des métalleux.

C’est de leur faire oublier que, cinq minutes plus tôt, ils auraient juré que ça n’arriverait jamais.

✅ Qui ils sont

Skindred naît au Pays de Galles en 1998 après la séparation de Dub War.

Benji Webbe refuse de choisir entre les musiques qui l’ont construit.

Il garde les gros riffs du métal, y injecte le reggae et le ragga de son enfance, ajoute du hip-hop, du punk, de la fusion… et fabrique un son immédiatement reconnaissable.

À l’époque, beaucoup pensent que ça ne marchera jamais.

Trente ans plus tard, Skindred est toujours là.

Derrière les tenues improbables se cache surtout un groupe d’une précision redoutable, qui repose sur une idée toute simple :

Le groove avant les étiquettes.

SUN, L’ANGE QUI GROWLE

✅ Ce que j’ai vu sur scène

SUN arrive en robe rose en dentelle.

Guitare blanche.

Voix d’ange.

Tu te dis :

« Ah. Une balade. »

Deux minutes plus tard, elle balance un growl démoniaque.

Le cerveau met environ trois secondes à accepter ce qui vient de se passer.

Puis elle enchaîne une reprise de Destiny’s Child version métal.

Puis elle lance un Wall of Death.

Je ne pensais pas écrire cette phrase un jour.

Pourtant, je l’ai vue.

Sur scène, elle est accompagnée d’un batteur et d’un bassiste à capuche pailletée.

À ce stade, même les vêtements refusent de choisir un genre musical.

✅ Qui ils sont

SUN, c’est le projet de Karoline Rose.

Elle a inventé son propre langage musical : la Brutal Pop.

Le principe est simple.

Réunir deux mondes qui sont censés ne jamais se rencontrer.

Des mélodies pop.

Des guitares énormes.

Des refrains lumineux.

Un growl venu des enfers.

Sur scène, elle raconte avoir grandi avec les Spice Girls, Janet Jackson, Beyoncé… mais aussi Scarve, Pitbulls in the Nursery et le métal extrême.

Elle dit qu’elle a refusé de choisir.

Je veux bien la croire.

La Brutal Pop n’est donc pas un concept marketing.

C’est simplement une adolescente qui refusait d’effacer la moitié de sa playlist.

‼️ SUN va jouer chez moi, au Black Lab près de Lille, une salle que j’adore, ainsi qu’au Rocher de Palmer, près de Bordeaux, en octobre.

À suivre.

CONCLUSION

Au fond, je crois que c’est ça qui m’intéresse aujourd’hui.

Les groupes qui refusent les cases.

Les festivals où tu viens pour un nom… et où tu repars avec trois autres.

Parce qu’au bout de trente-cinq ans de concerts, je ne cherche plus à avoir raison sur mes goûts.

Je cherche encore à être surprise.

Et si, entre deux histoires de slip, de pastèque géante ou de métalleux qui chaloupent, Fosse Commune vous donne envie d’écouter un groupe que vous n’auriez jamais lancé spontanément…

Alors j’aurai fait exactement ce que j’avais envie de faire en créant cette page.

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