SWIM FESTIVAL, OU COMMENT LA ROCHELLE ANNONCE FAT WHITE FAMILY AVEC TOUT CE QUE J’AIME AU MÊME ENDROIT
La Rochelle. Ses huîtres. Ses moules. Son port. Sa tour Saint-Nicolas. Ses Francofolies où j’ai pas foutu les pieds depuis FFF dans les années 90. Et la salle de La Sirène. Très jolie programmation à l’année et surtout son SWIM Festival, pour Sirène West Indie Music.
C’est en octobre. C’est la seconde édition. Et déjà ça déboîte.
J’ai lu trois noms, j’ai souri bêtement. J’ai lu les cinq suivants, j’ai commencé à calculer combien il me reste de jours de congés. À la fin de l’affiche, j’ai cherché discrètement si un rein se revend encore correctement sur internet.
J’habite pas à côté. C’est pour ça.
Le diagnostic scientifique est formel : cette affiche présente un risque élevé d’augmentation brutale du budget concerts, des kilomètres parcourus et du nombre de groupes inconnus qui finiront par devenir des obsessions.
Parce que franchement… qui a autorisé ça ?
FAT WHITE FAMILY
Déjà, on a Fat White Family. Et Fat White Family… comment vous dire ?
Fat White Family est profondément ancré dans une certaine tradition post-punk / art rock britannique, avec un humour noir très anglais et une manière de parler de la société britannique chargée de cynisme.
Sur scène, faut imaginer les Stooges qui auraient grandi dans un squat londonien, nourris au post-punk, aux mauvaises idées et à une profonde envie de mettre tout le monde légèrement mal à l’aise.
Déjà. Son frontman Lias Saoudi… Physiquement, il est impossible à ignorer. Il peut passer d’une immobilité presque inquiétante à une explosion totale en quelques secondes. Il danse, titube, fixe le public comme s’il préparait un mauvais coup, puis se met à éructer des paroles avec un mélange de charisme, de malaise et de théâtralité. Sa présence scénique se situe quelque part entre le sauvage et l’imprévisible, avec une forte probabilité de finir par chanter à poil.
Ce qui est une manière très élégante de dire : vous ne terminerez probablement pas ce set dans votre état normal.
PROGRAMMATION DE ZINZIN ET DES HUÎTRES
Ensuite sur cette affiche arrivent Heartworms, It It Anita, GANS (rhaaaaa lovely…). À ce stade, j’aimerais simplement parler deux minutes avec la personne qui fait la programmation. Juste pour savoir si elle déteste les gens qui habitent loin de La Rochelle.
Pour ce SWIM 2026, les organisateurs ont également eu la bonne idée d’ajouter une convention de disques. Des expositions. Des projections. Du pinard. Et des huîtres.
La vie.
On est quand même dans un pays où l’on considère parfaitement normal d’aller écouter du noise avec un plateau de fruits de mer. Et franchement, je trouve ça très drôle.
C’est très français. J’aime beaucoup.
Bref. Je ne suis absolument pas objective.
Cette affiche ressemble à quelqu’un qui serait allé fouiller directement dans mes playlists avant de composer la programmation. Et c’est précisément ce qui m’inquiète.
Parce que je connais le scénario. Je vais dire que je suis raisonnable. Puis je vais ouvrir Waze. Puis je vais commencer à regarder les hôtels. Puis je finirai par expliquer à mon banquier que, techniquement, c’était indispensable.
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