RAPPORT DE TERRAIN – LE WEEK-END OÙ VOUS AVEZ DÉCIDÉ DE VOUS RÉPARTIR AUX QUATRE COINS DU PAYS ET FAIRE NIMP EN MUSIQUE

FOSSE PLANE R FEST 2026

(J’ai récupéré, trié, classifié vos sorties. Bordel. Vous avez encore fait n’importe quoi. Je vous kiffe. Attention c’est long. Lisez ça en faisant la queue au stand merguez ou à la laverie automatique)

Pendant que notre équipe faisait une toute petite mission d’observation au KAVE FEST, vous avez manifestement décidé de couvrir le reste du territoire.

Des correspondants étaient en mission au PLANE ‘R FEST, d’autres au Rag-Nar’oc, qualifié de « vrai régal », plusieurs se remettaient de la grande messe de System of a Down au Stade de France, tandis que certains infiltraient des concerts improbables perdus au fond des sous-bois bretons. Les transmissions sont également arrivées du Temple fest, du Celti’Teuillac, de La Nuit de l’Erdre, des Voix Sonneuses à Saverdun… et même avec une semaine de retard depuis Rock In Bourlon.

Côté musique, vous n’avez pas fait semblant non plus.

Au KAVE FEST, ça blastait joyeusement entre metal moderne, hardcore et grosses baffes sonores. J’ai fait un petit retour hier. Depuis j’ai pas de nouvelles des fosseux. J’espère qu’ils sont vivants. J’ai été quand même bien contente d’avoir un signe de la team D’Arc Son Prod venue en force de Compiègne pour chroniquer le festival. Et annoncer une dinguerie sur laquelle je reviendrai. Au PLANE’R FEST, vous oscilliez entre power metal, death mélodique, metalcore et autres joyeusetés capables de faire pousser des cervicales de rechange. Pendant ce temps, au RAG’NAR’OC, c’était ambiance punk, rock et métal à taille humaine, avec l’odeur de merguez et la poussière en bonus.

Vos goûts musicaux sont désormais totalement incontrôlables : de Tir Na Nóg à Lacuna Coil en passant par Wind Rose, Queensrÿche, Kanonenfieber, Rise of the Northstar, Skindred, Imminence, Resolve, Shaârghot, Black Bomb A, Tagada Jones, Les Sheriff, Banane Metalik, Stoned Jesus, Dropkick Murphys, Mandibula, Détresse, Les Hivres, SUN, Calva Louise…

À ce stade, vos playlists ne sont plus des playlists. Ce sont des accidents industriels. Évidemment, vous avez tout documenté. Enfin… pas les concerts. Les concerts, vous vous en foutez. Vous m’avez surtout envoyé des licornes, des méduses, un nain de jardin, de la mayonnaise, des claquettes et un clone de Lemmy qui lèche le cul d’une licorne. Je n’ai plus les compétences pour analyser ce qui se passe dans vos vies.

LE RETOUR DES MÉDUSES

En préambule, faut qu’on s’arrête deux minutes sur la tendance lourde observée du festivalier en méduses transparentes. Je rappelle que la méduse est la seule chaussure au monde qui réussit l’exploit d’être moche, inconfortable et dangereuse en même temps. Tu transpires dedans. Tu glisses avec. Tu ramasses des cailloux dedans. Tu peux te tordre la cheville avec. À ce stade, ce n’est plus une chaussure. C’est une déclaration de guerre à tes orteils.

PLAN’R FEST

C’est probablement le seul festival où vous m’avez parlé autant de musique… tout en continuant à m’envoyer des trucs parfaitement inexplicables.

Premier retour : « Imminence et Insomnium, grosse claque ! Le feu avec Wind Rose et Shaârghot ! Trop vieux ou trop inconscient pour le pit ! Festival à recommander, des bénévoles au top et une ambiance de feu ! »

Jusque-là, tout est normal.

Et puis Christophe M. (merci à lui, je sais pas si je peux dire son nom) est arrivé en message privé avec son rapport de terrain et ses photos.

Il confirme d’abord le paradoxe des New Rock. Hors de la fosse : « Heureusement que je ne les ai pas mises. C’est lourd. C’est chaud. » Dans la fosse : « Pourquoi je ne les ai pas mises ? Elles protègent quand un sanglier humain te saute sur le pied. » La New Rock est donc officiellement la pire… et la meilleure chaussure de festival. La physique refuse toujours de commenter.

À deux heures du matin, toujours au Plane’R Fest, une festivalière tente d’échanger un stick de mayonnaise contre une cigarette. Le correspondant, qui dégustait tranquillement un sandwich ayant passé près de douze heures à mariner dans son sac à dos, a donc eu tout le loisir d’assister à cette négociation… puis à la remise en question existentielle qui a suivi. Interrogée sur l’origine de cette mystérieuse réserve de mayonnaise, la festivalière répond simplement : « Je ne sais pas d’où ça vient. » Elle tient néanmoins à préciser qu’elle préfère la moutarde.

Cette information n’a absolument pas fait avancer l’enquête.

Le festival confirme également sa réputation familiale. Des enfants ont été observés sur les épaules de leurs parents, en train de slammer sur leur père… et même de crowdsurfer tout seuls. Les parents ont manifestement renoncé aux méthodes d’éducation conventionnelles.

Enfin, signalement d’une fidèle de Wind Rose. Son signe distinctif : une pioche. À ce stade, on ne parle plus d’accessoire. On parle d’engagement.

TEMPLE FEST

Pendant que certains faisaient voler les licornes, d’autres avaient choisi une formule plus radicale : Mandibula, Détresse et Les Hivres dans une ferme normande transformée en temple du punk, du hardcore et du death.

La rédaction ne signale aucun Père Noël slammeur. Aucune licorne. Aucun canard en plâtre. C’était juste hyper complet.

ANOMALIE CELTI’TEUILLAC

Pendant ce temps, une correspondante prenait la direction de la Gironde.

Au programme : bière, cornemuses, galettes-saucisses, frites, elfes, druides, mamies en kilt, mecs en kilt, filles en kilt… et un groupe présenté comme du rock celtique bavarois.

Je répète. Rock. Celtique. Bavarois.

À ce stade, j’ignore si les musiciens arrivent en kilt, en lederhose ou directement en tracteur à houblon.

En revanche, une chose est sûre : les frontières musicales ont officiellement démissionné ce week-end.

TEAM MÉDIÉVALE À AR’VRAN FEST

Un correspondant a choisi une voie beaucoup plus médiévale.

Direction l’Ar’Vran Fest, en Bretagne.

Au programme : folk metal, pagan metal… mais aussi marché médiéval, marché metal, forge historique, spectacle de feu, campements, troll ball et contes.

En résumé : Tu pouvais acheter une corne à boire. Faire forger une hache. Écouter du metal spirituel. Puis repartir avec un saucisson.

ROCK IN BOURLON

Une semaine après les faits, les archives continuent d’arriver.

Première observation : un crowdsurfer transportant une étrange mascotte canard en battle jacket.

L’objet semble bénéficier d’un statut cérémoniel.

Deuxième observation : l’éventail breton.

Il est officiellement devenu un équipement de survie. La Bretagne ne cesse de produire ses produits dérivés.

Les photos ont été envoyées de la page Du bruit qui pense. Merci à eux.

SYSTEM OF A DOWN, LA MESSE

Parmi les transmissions reçues, plusieurs venaient aussi de la grande messe de System of a Down au Stade de France. Et tentaient de récupérer des forces sous un plaid. Le correspondant parle d’un concert monumental, d’une ambiance de festival en plein Paris et de files d’attente aux toilettes suffisamment longues pour constituer un itinéraire de randonnée. En fosse, impossible de compter les circle pits. Ils apparaissaient plus vite que les champignons après la pluie.

Côté biodiversité, les observations sont conformes aux standards : kilts, costumes banane, girafe gonflable et toutes les générations réunies pour hurler les mêmes refrains.

AUTRES ANOMALIES DU WEEK-END

Comme d’habitude, vous avez consacré beaucoup plus d’énergie à observer la faune locale qu’à regarder les concerts.

Les chercheurs vous remercient.

  • ✅ le Père Noël a été observé en train de crowdsurfer en plein mois de juillet. Les saisons n’ont manifestement plus aucune autorité sur lui.
  • ✅ un festivalier échoué a été photographié par sa compagne en recharge complète, allongé à deux mètres d’un burger. Les spécialistes parlent d’un équilibre énergétique retrouvé.
  • ✅ la team zèbre a été aperçue en migration. Tous portaient au moins un vêtement à rayures. Nous supposons qu’il s’agit d’un système de reconnaissance destiné à éviter toute confusion avec la team Cône de chantier.
  • ✅ un clone de Lemmy a été surpris en train de lécher le cul d’une licorne en peluche. Je refuse de commenter.
  • ✅ un coach motivationnel a été observé dans un concert perdu au fond des Côtes-d’Armor, à hurler « ALLEEEEEEEZ ! » toutes les vingt secondes. Comme si le groupe l’attendait pour jouer. Entre deux morceaux, il a alterné avec de puissants « Ouais ! Ouais ! Ouais ! ». Le spécimen est désormais officiellement classé Boss final des casse-bonbons de concert.
  • ✅ La caresseuse de chauves a battu son record personnel avec 110 crânes caressés au Plane’R Fest. Les prochaines campagnes scientifiques sont déjà prévues au Volcanic, au Sylak et aux Gueules de Bois.
  • ✅ La team relaxe a confirmé qu’il est parfaitement possible de trouver, à quelques mètres de distance, un festivalier pieds nus et un festivalier assis par terre. Les deux espèces cohabitent paisiblement. Je rappelle toutefois que marcher pieds nus en festival et s’asseoir dans une fosse restent deux excellentes idées… jusqu’au moment où un Norvégien de 110 kilos décide d’atterrir exactement sur tes orteils.
  • ✅ Le nain de jardin nomade, observé au Rag’Nar’Oc, a d’abord été aperçu dans la fosse avant de se retrouver sur scène cinq minutes plus tard. Quatre hypothèses sont actuellement étudiées : il était lui-même en tournée ; il a été promu artiste ; son propriétaire avait dépassé le stade où les décisions nécessitent une explication ; ou un type s’est simplement levé le matin en se disant : « Tiens… si j’emmenais un nain de jardin en festival ? » Aucune piste n’est à écarter.
  • ✅ Le fan migrateur a de nouveau été observé au Kave Fest. La Team MERCI suit SUN absolument partout, brandit ses pancartes « HIGHER » et « FIRE » à chaque dernier morceau et prévoit déjà les dix prochains concerts. À ce stade, ce ne sont plus des spectateurs. Ce sont des satellites en orbite autour d’un groupe. Et franchement… cette espèce me fascine. Moi, au bout de trois concerts, je change déjà de groupe préféré.

Voilà les fosseux. Vous avez encore été au top. Totalement fous. Mais au top.

J’ai fait une seule journée au Kave Fest et j’ai l’impression d’en avoir fait 35 et perdu 6 ans d’espérance de vie.

C’est la fosse. C’est la vie.

Fin des transmissions.

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