KAVE FEST À GISORS : CRÉPUSCULE EN ZONE MÉTAL CHILL AS FUCK
Hier, j’ai fait le grand écart. Je suis sortie directement du boulot pour filer à Gisors au KAVE FEST 2026. À trente minutes de mon open space. En toute fin de journée. Avec 40 % de batterie sur mon téléphone. Et environ 30 % de batterie sociale. Ce qui explique le peu de photos et de transmissions sur site hier. Désolée.
Mais tout le monde me parlait de ce petit festival installé au pied de la citadelle. Alors j’ai enfilé mon tutu rouge sur le parking. Et je suis partie seule à sa découverte.
Verdict ? Ils avaient raison.
J’ai adoré cet endroit. Petite jauge.
Orgas adorables. Public ultra cool. Site magnifique. Bref.
J’ai déjà envie d’y retourner.
Ça se poursuit d’ailleurs aujourd’hui et demain. Aujourd’hui c’est complet. Je vais pas prendre le risque de prendre une porte. Resterait encore quelques places pour Lacuna Coil dimanche. (Update : le festival vient d’annoncer un sold out). Autant vous dire que mon cerveau est actuellement en pleine négociation avec mon sens des responsabilités. D’un côté, une adulte de 50 piges qui sait qu’elle a un boulot lundi. De l’autre… Cristina Scabbia.
Lacuna Coil. L’un des plus gros groupes de metal gothique italiens. 30 ans de carrière à la louche, une identité immédiatement reconnaissable, deux voix qui se répondent et une présence scénique réputée énorme. Bref. Je me tâte. Très fort.
Bref. Revenons à hier.
Dans un style parfaitement opposé. Loin. Très loin.
✅ SKINDRED IS STILL FUN AS HELL
Hier sur l’affiche. Je connaissais UN groupe. Skindred. Voilà. Et j’étais là pour eux. Je rappelle au passage que JE NE SUIS PAS MÉTAL. Mais je savais que je venais voir Benji et sa clique pour l’énorme bordel qu’ils savent déclencher quasi instantanément. Pas été déçue.
Ils arrivent sur scène avec un chanteur habillé comme un roi déchu disco, un bassiste en sarouel armé d’une Precision, un guitariste qui ressemble à ZZ Top parti pêcher la truite et un batteur habillé en squelette.
Sur le papier, ça devrait être n’importe quoi. Sur scène… C’est une machine.
Skindred refuse toujours de choisir entre le métal, le reggae, le ragga, le rock fusion et la fête de village.
Et ça fonctionne incroyablement bien.
Puis j’ai assisté à une scène que je n’aurais jamais cru voir.
Des centaines de métalleux obligés de chalouper sur du reggae.
Je confirme. Je les ai vus. Personne ne savait vraiment comment faire.
Tout le monde l’a fait quand même.
Moment historique entre des vagues quasi ininterrompues de slam. Grosse fosse. Grosse ambiance. Gros kiff.
✅ SUN (BRUTAL POP)
En fin d’après-midi. SUN. Une fille arrive en robe rose en tulle, lunettes en cœur, guitare blanche. Je me dis : « Ah… une balade pop-rock. » Erreur.
Deux minutes plus tard, elle alterne mélodies ultra pop, gros riffs, punk, électro… et balance un growl démoniaque sorti des enfers comme si c’était la chose la plus naturelle du monde.
J’avoue, je ne l’avais pas vu venir.
Ce sera ma découverte de la journée.
Je crois que j’ai compris un truc : les groupes qui me font vibrer sont ceux qui regardent les cases en disant simplement : « Non ».
✅ DOSSIER BRUCE DICKINSON
Entre deux groupes, un photographe du Hellfest, désormais membre actif de la cellule scientifique de Fosse Commune, a interrompu toute activité normale afin de répondre à une question fondamentale : Bruce Dickinson portait-il un slip ?
Une expertise de terrain a été menée.
Téléobjectif professionnel.
Zooms successifs.
Analyse collective.
La communauté scientifique reste prudente.
Le photographe, lui, était totalement investi.
Notre hypothèse de travail est désormais la suivante : Non.
Le dossier reste officiellement ouvert.
Mais les éléments deviennent franchement accablants.
✅ LA CORNE À BOIRE
Tout a commencé dès l’entrée.
Premier stand.
Des cornes à boire.
Je les ai regardées.
Elles m’ont regardée.
Pendant quelques secondes, j’ai sincèrement envisagé de devenir une guerrière nordique.
Puis je me suis rappelé quelques détails.
Je suis née à Paris.
Je roule en Clio.
Je porte un tutu rouge.
Mes ancêtres n’ont probablement jamais pillé un monastère.
J’ai donc résisté.
En revanche, j’ai croisé un spécimen équipé d’une corne à boire d’environ un mètre cinquante. Je ne sais toujours pas quel animal fournit un truc pareil.
J’espère qu’il était consentant.
✅ DÉFILÉ DE MODE MÉTAL
- ✅ une pastèque géante
- ✅ une banane
- ✅ un bélier
- ✅ beaucoup trop de kilts
- ✅ des casquettes à hélice. La mode de cet été. Personne ne sait pourquoi.
- ✅ un homme pieds nus, manifestement engagé dans une quête spirituelle.
Et sur scène…
- Un roi disco.
- Un bassiste en sarouel.
- Une princesse punk en robe rose.
Le métal refuse définitivement les conventions vestimentaires.
Et c’est très bien comme ça.
✅ BILAN
Le Kave Fest est exactement ce que j’aime dans les petits festivals.
Une citadelle.
Des vieilles pierres.
Des arbres.
Des gens détendus.
Une ambiance où tu peux encore discuter avec un photographe de la braguette de Bruce Dickinson et finir la soirée avec l’impression d’avoir passé la journée avec une bande de copains.
Je suis partie voir un festival de métal.
Je suis rentrée avec un mystère textile, un chanteur en manteau d’hermine, des métalleux qui dansent le reggae, un bassiste en sarouel, cinq followers retrouvés au tutu rouge et une certitude.
Le Kave Fest m’avait promis un festival.
Je suis repartie avec deux claques musicales… et un dossier Bruce Dickinson toujours en cours d’instruction.
Franchement, j’appelle ça une journée rentable.
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