THE MURDER CAPITAL, LE MIRACLE IRLANDAIS QUI T’ARRACHE LE CŒUR
The Murder Capital, tête d’affiche de Nos Rêves Font du Bruit. Moi, première fois face à eux.
Résultat : j’ai passé 1h10 et je ne sais plus combien en lévitation, à flotter comme une âme qui refuse de redescendre.
Ce groupe…
Tu crois que tu vas assister à un concert post-punk sombre. En réalité, tu te prends un rituel, un truc à la fois brut, retenu, cassé, tendre, et complètement hors du temps.
J’étais face à une tête d’affiche, et ça se sentait dans chaque respiration de la salle.
C’était leur dernier concert de l’année, et tu le voyais dans la façon dont ils jouaient : comme si tout devait se terminer là.
Il y avait des Italiens, des Hollandais, des Finlandais, à Troyes en novembre, venus uniquement pour eux. Pas pour le festival. Pour eux.
La setlist ? Une dissection du cœur humain, méthodique et lente, jusqu’à atteindre l’organe sans anesthésie.
Le public est parti en transe dès The Fall, une vraie montée collective, sans hystérie mais avec la ferveur des messes sauvages.
Et moi… moi j’étais littéralement en apesanteur, suspendue entre deux beats, incapable de redescendre.
CONCERT INTENSE (le mot que j’utilise presque jamais, mais là j’ai pas mieux)
Oui, intense est un mot flan.
C’est LE mot flan par excellence.
C’est le mot que les chroniqueurs mous utilisent pour parler d’un groupe qu’ils n’ont pas compris, ou qu’ils n’ont pas envie de décrire.
C’est la version rock de : « c’était bon, voilà ».
Mais (et c’est là que c’est drôle) parfois, le seul mot exact disponible… c’est le mot intense.
Parce que TMC, ils ne te laissent pas une palette de nuances : ils te ratatinent, te centrifugent, t’arrachent l’âme et te reposent comme une vieille peluche sur un radiateur.
Sur les morceaux rapides, tu te fais transpercer.
Sur les morceaux lents, tu t’effondres.
Et Swallow… j’en ai vu pleurer. Pas deux. Pas trois. Beaucoup.
Le chanteur, accroupi au bord de la scène, lunettes noires, veinules de lumière derrière lui… c’était littéralement de la chirurgie émotionnelle.
Et puis Love of Country, dédié simplement, sans pathos, sans discours, à la Palestine.
Silence total.
Choc collectif.
Ça, c’est du respect scénique.
LE GROUPE DÉCORTIQUÉ
Le chanteur — James McGovern
Nonchalance iconique. Sexy. Grave. Habité.
Pas un geste de trop. Mais chaque geste compte.
Voix grave somptueuse.
Ça parle français entre deux titres, ça charme la fosse sans sourciller.
Il a l’air de juger tes choix de vie à chaque instant.
C’est un prêtre du désespoir qui a lu Beckett et qui a décidé de faire du rock pour respirer.
Le bassiste — Gabriel Paschal Blake
Mon préféré.
Vraie attitude de branleur alpha.
Le mec a l’air d’être monté sur scène comme on va acheter du pain, mais son son… mur porteur.
Un groove sale, massif, sublime.
Le batteur — Diarmuid Brennan
Petit Irlandais sec, moustache gauloise, visage d’enfant, frappe de bûcheron.
Jeu tribal.
Un contraste tellement parfait qu’il pourrait faire la pub d’une marque de tondeuse à gazon en dehors des concerts.
Le guitariste lead — Damien Tuit
Un poète.
Concentré, habité, intensité lumineuse.
Il joue comme si chaque note était un secret qu’il confiait au public en chuchotant.
Tu pourrais passer le concert entier à le regarder jouer.
Le rythmique / mulet iroquois — Cathal Roper
Look « je suis là parce qu’il fait chaud ».
Présence, riffs tranchants.
Un tueur discret.
Passe parfois aux samples.
Discret mais efficace.
C’est précisément ce mélange qui rend les groupes irlandais dangereux : 2 % d’effort, 98 % d’attitude, 100 % de « viens pas m’emmerder ».
RÉPONSE AUX « ILS SONT BRANLEURS »
Oui, bien sûr qu’ils sont branleurs.
Mais à l’irlandaise : la nonchalance en uniforme, l’élégance dans le chaos, l’air de s’en foutre alors qu’ils te lacèrent l’âme avec une précision de chirurgien de Dublin.
Ce n’est pas du je-m’en-foutisme : c’est une posture de survie nationale.
Et si l’Irlande continue à envoyer dans le monde des groupes de ce niveau, je fais mes valises et j’y vais.
Même en novembre.
Même sous la pluie horizontale.
Pour ça, je signe.
The Murder Capital, c’est simple : un miracle irlandais en quatre humains et un fantôme.
Une musique qui n’essaie pas d’être intense. Elle l’est, naturellement.
Une émotion qui n’essaie pas de te convaincre. Elle te perce.
Un groupe qui n’essaie même pas d’être cool : il réécrit la définition.
Et moi, j’en suis ressortie liquéfiée, rincée, et un peu amoureuse.
CHECKS — MURDER CAPITAL EDITION
✅ Niveau de nonchalance : branleurs premium
✅ Niveau émotionnel : liquéfaction 7.8 sur l’échelle de Nick Cave
✅ Niveau fanbase : pèlerinage à Troyes en novembre
✅ Niveau intensité : je déteste ce mot, mais j’ai pas mieux
✅ Niveau interaction : français approximatif + humour irlandais = perfection
✅ Niveau larmes : salle transformée en bouillon
✅ Niveau basse : alpha male energy
✅ Niveau moustache : Astérix version drumkit
✅ Niveau beauté : ça fait mal
✅ Niveau « je vais y retourner » : évidemment
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