CHALK AU TRABENDO : LA LESSIVEUSE ÉLECTRONIQUE DANSE NOISE. OUI. TOUT ÇA !

CHALK AU TRABENDO PARIS 2026

(ou comment on s’est fait récurer le foie sur une alarme incendie)

Trabendo. Ce soir-là, j’avais rendez-vous avec l’Irlande.

Dans une salle que j’adore et que je connais. Pourtant, je me suis encore accoudée à une enceinte.

Et j’ai entendu tout le concert en direct de mon intestin grêle.

Comme si j’avais un sèche-cheveux industriel accordé en ré mineur directement dans mon foie pendant deux heures trente.

J’ai déjà parlé de la première partie dans un précédent post.

Makeshift Art Bar.

C’était une vraie révélation.

Je vous y renvoie.

Et j’arrive au motif de mon déplacement : Chalk.

Encore des Irlandais.

Toujours des Irlandais.

Chalk, c’est un groupe étrange avec un public hétérogène.

Dans la fosse, je vois :

  • t-shirts Shaârghot
  • t-shirts David Bowie
  • jeunes goths en formation
  • vieux machins en Doc Martens et t-shirt The Young Gods (comme moi)

Chalk. C’est le groupe qui monte.

Il a connu une ascension fulgurante en 2025, avec une tournée à guichets fermés au Royaume-Uni et en Europe au printemps suivie de performances à Glastonbury et Bilbao BBK.

Et c’est presque miraculeux de les voir désormais d’aussi près.

Et tout le monde est venu chercher quelque chose.

Les anciens viennent pour le premier album, très inconfortable.

Les plus jeunes pour le dernier, plus festival dancefloor-compatible.

Ça promet des frustrations.

Et là : Chalk débarque.

Pas de montée.

Pas de politesse.

Le groupe envoie un son d’alarme incendie, subs dans le bide et chanteur torse nu dès le départ.

Merci bonsoir.

Un contraste saisissant avec son binôme.

Silhouette noire, lunettes, machine et guitare.

La batterie n’est même pas derrière.

Elle est exilée sur le côté, comme si on avait déplacé le moteur pour libérer le centre.

Et au milieu, justement, il ne reste plus rien de stable.

Juste une zone d’impact.

Parce que ce n’est pas un concert.

C’est une mise sous tension.

D’ailleurs, ça descend dans le public très vite.

C’est dansant.

C’est sale.

C’est indus.

C’est noise.

Par moments, c’est même sexy glauque.

(oui, ça existe, et oui, c’est suspect)

T’entends la voix traînante de Grian de Fontaines D.C.

Mais sur de l’électro crade.

Avec vocodeur.

Et là je dis : pardon ???

Ça a un peu heurté la vieille personne que je suis.

Les plus jeunes diront que je suis une boomeuse.

Ils auront raison.

Et ça ne changera rien.

La fosse de Chalk est d’ailleurs symptomatique de ce que provoque le groupe.

Devant : très jeunes filles amoureuses.

Derrière : une ligne semi-mobile de demi post-punk/alt pur jus.

Et la fosse kangourou, plutôt jeune, qui démarre en petits sauts puis bascule en lessiveuse.

Et là, ça devient sérieux quant à l’organisation spontanée du chaos :

  • premier rang : fragile
  • deuxième rang : hésitant mais mobile
  • derrière : machine de guerre

Et au milieu de ça : le chanteur torse nu, jogging, gants à clous (ou en guirlande de Noël. J’ai pas bien vu) qui n’hésite pas à descendre dans la fosse.

Et décide de se lancer en slam.

Problème : le colis humain arrive bras en croix.

Devant, ça panique.

Mais derrière, ça veut participer.

Résultat : incompréhension logistique totale et personne ne sait passer un slam correctement.

Donc on redépose le chanteur sur scène avant qu’il se casse la gueule.

Et pourtant…

La musique tient tout :

  • grosses séquences
  • ruptures
  • pression constante
  • transe qui monte et ne redescend jamais complètement

C’est du sale passé dans une machine électronique.

Si tu enlèves les passages danse, transe et autotune, il reste le nerf, le rythme et la tension.

Et rien que le morceau Them joué en live justifiait pleinement le déplacement.

Magnifique.

J’ai posté un bout de vidéo sur Instagram pour ceux que ça intéresse.

CHECKS

  • ✅ entrée sur alarme, agression immédiate
  • ✅ subs, coup de poing abdominal
  • ✅ autotune : moment « mais qu’est-ce que vous faites ? »
  • ✅ public fracturé : fragile devant / guerre derrière
  • ✅ slam raté : moment sociologique majeur
  • ✅ tension constante : aucune échappatoire

Et ça fait longtemps que j’ai pas conclu comme ça.

Je suis un peu trop vieille pour ces conneries.

Mais toujours là.

PS. Je me permets un ajout tardif.

Ils seront le 13 avril à L’Ampérage à Grenoble.

Et cet été en festival, notamment à God Save the Kouign dans le Finistère pour les nordistes.

Et à This Is Not A Love Song Festival à Nîmes pour les sudistes.

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