CHEST, DU SUPERSONIC AU CONGÉLO DE TROYES
Je reviens du festival Nos rêves font du bruit à Troyes où je me suis bien pelé le cul mais où j’ai vu un plateau exceptionnel : The Murder Capital, It It Anita, Basic Partner et Chest. Et là on va s’arrêter deux minutes.
Chest, c’est l’un de ces groupes parisiens nés dans le ventre brûlant du Supersonic, ce fameux incubateur où les murs suintent les riffs des gamins qui veulent sauver le monde avant d’avoir payé leurs impôts.
Ils sont jeunes, têtus, affamés, et surtout bien plus solides que leur âge ne le laisse croire.
Une discographie déjà cohérente pour un groupe si récent. Un EP tout neuf All Good Things End (2025) et une série de singles sortis au pas de charge en 2024 et 2025.
Un son brut, nerveux, tendu, qui doit autant au noise qu’au post-punk anglais.
Un jeune groupe que Deezer, pour une fois, a flairé avant moi (je le note, ça arrive une fois tous les équinoxes : un algorithme non-flan).
Moi c’est Self Sabotage qui m’a propulsée dans leur monde.
Mais Chest a eu un parrainage tombé du ciel : ils ont été repérés et propulsés par DITZ. Oui, DITZ. Ma passion.
Pas le parrainage en mode « like sympathique ». Non, le parrainage en mode « on vous embarque sur nos tournées, on vous jette dans le feu, vous apprendrez sur scène ».
Ce que j’appelle : le BAFA du chaos.
LILLE : LA POOL-BAPTÊME
La première fois que je les ai vus, c’était à Lille, en première partie de DITZ.
Ils avaient neuf mois d’existence.
Propulsés dans un public exigeant, dans une salle remplie, sans filet, sans matelas d’atterrissage.
Et franchement ? J’avais été mitigée.
Ce qui est normal : à neuf mois, un groupe se tient à peine debout.
On gigote, on tombe, on fait un bruit d’éprouvette, et on espère que ça passe.
Eux le savent. J’ai échangé avec l’un des guitaristes au merch.
Mais j’avais retenu quelque chose : un potentiel.
TROYES : LA MUE
Et hier, à Troyes… j’ai vu une autre version de Chest.
Pas une retouche, pas un polish.
Une mue.
Un groupe qui a bossé, qui a serré les boulons, qui a arrêté de trébucher pour commencer à tenir la scène.
Une cohésion rare pour un groupe aussi jeune.
Ils jouaient en ouverture devant une fosse déjà compacte, une fosse venue pour deux monstres : It It Anita et The Murder Capital.
Normalement, ça écrase.
Normalement, t’es l’apéro qu’on oublie sur le comptoir.
Sauf qu’ils ont retourné la salle.
La fanbase avait fait la route malgré le froid. Et le groupe s’est appuyé dessus pour se transcender.
C’était net : ils étaient à leur place.
En confiance. En maîtrise. En impact.
J’ai vu un groupe qui :
✅ digéré neuf mois de baptême du feu
✅ encaissé les grosses scènes
✅ appris en regardant DITZ travailler
✅ et sait désormais offrir un show qui tient tête à des monstres belges et irlandais
Ils ont gagné en maturité, en précision, en présence.
Ils ont le souffle.
Ils ont la fosse.
Ils ont l’envie.
Et surtout : ils ont ce rare truc des groupes qui bossent.
Ceux qui reviennent plus solides à chaque concert.
À suivre.
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