CORPUS DELICTI : LE RETOUR DU SANG FROID
Corpus Delicti à Nice : un concert à domicile devant 200 personnes, cinq nouveaux morceaux et une salle transformée en four à pizza. Il fallait traverser la France en camionnette pour voir ça. Alors évidemment, on l’a fait.
(spoiler : il faisait 45°)
« C’est pas que c’est loin Nice, mais quand on est parti on était jeunes » (merci Hervé).
J’ai traversé la France direction Nice. Littéralement. Pas pour des vacances, pas pour un stage de yoga, pas pour « faire le point ».
Avec Titi, Pascal et Hervé. En fucking camionnette.
Juste pour coller mon pif sur les retours de basse de Chris.
La dernière fois, au Trabendo, on m’avait garée à l’autre bout de la salle. Résultat : frustrée.
Comme si on regardait le chaos à travers une vitre double vitrage.
Parce que Corpus Delicti, c’est le groupe de nos 20 ans, et que quand t’as été élevée à la mélancolie rageuse de Saraband, tu fais pas des compromis.
Là , on m’avait promis du « froid ».
Coucou Chris.
Résultat : Nice, 200 personnes, une salle surchauffée où le mot privé veut dire : tu rentres, tu fonds, tu souris.
Corpus Delicti joue à domicile. Et c’est pas une garden party.
C’est un rituel. Une incantation. Un concert d’anthologie.
Le genre de truc que tu racontes plus tard avec un mélange de fierté et de crampes dans les lombaires :
« Ouais. J’y étais. »
Les anciens morceaux sont sortis comme des lames et les cinq nouveaux titres, eux, n’ont rien d’essais.
Ils ont de la gueule, du souffle et une place directe dans l’album d’octobre/novembre (si le groupe valide. Sinon je réécris cette phrase sous la menace de leurs amplis).
Mention spéciale au nouveau batteur : un Viking tatoué qui faisait son premier concert avec le groupe.
Et c’est pas si loin de la vérité : le groupe était littéralement en sueur, rincé, trempé, mais debout.
Solide. Hyper proche. Intensément vivant.
Le son : chirurgical.
La salle : une marmite. Un four à pizza.
L’ambiance : entre club de retrouvailles goth et épreuve sportive.
Ma montre connectée a enregistré 35 minutes de vélo. Pour un concert.
Je n’ai pas pédalé. J’ai survécu.
Pendant ce temps-là , le neufchâtel artisanal descendu du nord terminait sa lente agonie dans une glacière, surveillé par l’esprit de la gastronomie punk.
J’ai retrouvé dans la salle des gens que je connais virtuellement depuis des années.
Et là , en vrai, sans écran, sans filtre, on s’est reconnus.
Checkpoint
- Transpiration collective
- Basses en intraveineuse
- Épuisement physique non simulé
- Amitié en clair-obscur
- Trop vieille pour ces conneries (mais trop vivante pour y renoncer)
- Un neufchâtel qui finit sa vie dans la glacière
- Un van transformé en temple du chaos
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