CHARLES DE GOAL / JAD WIO – LE PETIT BAIN, PARIS
Charles de Goal et Jad Wio réunis au Petit Bain à Paris : deux trajectoires du post-punk français, des années New Rose aux brumes de Denis Bortek. Une soirée au bord de la Seine avec une meute d’ados de 50 balais toujours décidés à danser.
Un bain de Seine, un bain de vie.
Deux trajectoires.
Charles de Goal : le post-punk français dans sa forme originelle, 1980 estampillé New Rose, ce label qui sentait encore la sueur, la colère brute et les mégots mouillés.
Sur scène, c’est toujours un turbo.
Un orage de séquences new wave, des guitares tranchantes comme des lames oubliées et une basse Fender montée à l’envers, gorgée de fuzz sale.
Avec eux, on replonge dans le ventre gluant du punk, mais avec assez de finesse pour recoudre la rage sans la rendre docile.
Moment suspendu : l’hommage à Dave Allen, bassiste de Gang of Four, sur Damaged Gods, sobre et lumineux.
Jad Wio : Denis Bortek, prophète halluciné, Revox dans le dos, voix accordée par le temps, toujours précieuse.
C’est mon adolescence qui remonte, cheveux hérissés et illusions en vrac.
Vox à la guitare, Kat à la basse et à la guitare : la famille déglinguée est réunie.
Non, je n’ai jamais su taire mon « tchoucou tou » sur Miss Me, et ce n’est pas ce soir que ça commence.
Mais je me noie avec gratitude dans les brumes épaisses des compos plus récentes.
Clôture du set sur une Ophélie sous acide : même âne, même huile, même scène détraquée.
Certaines choses ne veulent pas guérir, et c’est tant mieux.
Le cadre : Petit Bain, bord de Seine, bière fraîche sur le rooftop, ciel clément, rien à retoucher.
Le public : une meute d’ados de 50 balais, ricanant sous la lune, bien décidés à ne pas crever sans danser une dernière fois.
Checklist de survie émotionnelle
- Chanter faux avec le sourire en bandoulière
- Rire juste et fort. Se sentir encore vénère
- Survivre à l’haleine atomique d’un inconnu qui devrait s’acheter des cachous ou fermer sa bouche quand il chante
- Vibrer ensemble, même fêlés
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