BREAKING FOSSE #6 – FESTIVAL DE LA MER – SHAME

FESTIVAL DE LA MER 2026 SHAME

En direct du Festival de la Mer.

Shame a retourné la fosse.

Pas retourné un peu.

Retourné totalement.

Ils étaient l’un des deux objectifs prioritaires de mon déplacement, avec DITZ.

Les Anglais ne m’ont pas déçue.

Déjà, Charlie Steen et sa clique entrent sur scène avec l’énergie de gens qui considèrent que chaque concert peut être le dernier.

Et c’était incroyable.

Bien que secouée comme une noix dans un blender, j’ai quand même pu relever trois faits marquants.

Le drapeau breton… enfin à domicile

J’ai enfin assisté à un phénomène rarissime.

Le drapeau breton… en Bretagne.

Parce qu’habituellement, je le croise partout sauf là-bas.

À Bayonne ? Il est là.

À Dour, en Belgique ? Il est là.

À Tartefioles-les-Deux-Églises pour la fête du noyau de cerise ? Il est là.

Mais cette fois… il était chez lui.

Et il a fait ce que fait tout bon drapeau breton qui se respecte.

Il est monté sur scène.

Charlie l’a brandi comme un trophée.

Puis il est reparti faire un slam, porté par un Breton.

Je commençais à croire que le drapeau breton était une espèce migratrice refusant obstinément de retourner sur son territoire d’origine.

Je suis rassurée.

Il niche aussi dans le Finistère.

La fosse en mode essorage

Il n’a pas fallu trois morceaux pour que la fosse de Shame devienne une centrifugeuse.

Circle pit.

Pogo.

Slam.

Stage dive.

On a vu des créatures étranges fendre la foule, avant d’être récupérées au bout par l’équipe de rugby locale transformée en service de sécurité.

Il y a même eu des bisous entre un quinqua en tee-shirt IDLES et un demi de mêlée breton à la crash bar.

Les slammeurs arrivaient à une cadence industrielle.

Les bénévoles n’étaient plus un service de sécurité.

C’étaient des déménageurs spécialisés dans la réception de Bretons volants.

Charlie Steen et le technicien du câble

Le garçon a visiblement un rapport très personnel avec la notion de distance de sécurité.

Surtout à la fin des concerts.

Scène ? Bof.

Barrière ? Pourquoi faire ?

Public ? Parfait.

À un moment, tu ne regardes plus le concert.

Tu regardes Charlie se foutre torse poil, fixer la foule… et plonger.

Avec un tech qui le retient par un fil.

Je refuse qu’on oublie cet homme.

Pendant que Charlie improvise un déménagement dans la fosse… lui fait du trail.

Il récupère du mou.

Il redonne du mou.

Il évite que le câble s’enroule autour de cinquante tibias.

Il déroule.

Il reroule.

Il négocie avec les lois de la physique.

Il n’est plus technicien son.

Il est maître de cérémonie du spaghetti électrique.

Bilan

  • Charlie a fini dans la fosse.
  • Le public l’a rendu entier.
  • Le drapeau breton a obtenu son diplôme de crowdsurfer.
  • Le câble a survécu.
  • Le technicien mérite une prime de risque.

Bref…

Shame continue de prouver qu’un concert peut être à la fois un immense set de post-punk… et un exercice collectif de logistique appliquée.

Respect éternel au mec qui tient le câble au fil des tournées.

Le moindre nœud, c’est soixante-dix kilos de chanteur emmêlés au-dessus d’une fosse.

Et un câble qui rend l’âme.

Gloire aux techs.

On les oublie parfois.

Sur ce… je vais dormir.

Car je suis officiellement trop vieille pour ces conneries.

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