PRÉPAREZ-VOUS À ÊTRE CLOUÉS AU WALL OF SHAME. ILS ARRIVENT !

Flyer tournée été Shame 2026

Bon. Le post précédent était consacré à The Cure, à Bordeaux et à mes catastrophes émotionnelles des années 90. Mais il faut aussi parler de la suite. Parce qu’à un moment si on passe sa vie uniquement à regarder derrière, on finit par devenir un vieux meuble gothique qui explique à des jeunes que « la vraie musique c’était avant. »

Ce qui est faux. On a quand même survécu à Modern Talking. Je dis ça je dis rien.

Alors oui, les groupes historiques c’est important. Mais si à 50 ans tu écoutes uniquement les mêmes albums qu’à 20, ton cerveau finit par moisir dans une cave humide avec ses Doc Martens. Et c’est moche.

C’est pourquoi j’annonce fièrement l’arrivée de Shame au Rock School Barbey à Bordeaux pour rééquilibrer la matrice. Ils passent aussi par la Belgique aux Nuits Botanique pour les frontaliers du ch’nord qui vivent déjà émotionnellement entre deux pays et trois bières. Ils seront également en festival : Beauregard, Un Singe en Été. Et je les rejoins dans le Finistère au Festival de la Mer. Mais aussi au Festival CSALP aux portes de la Normandie.

Shame c’est quoi ?

Shame, c’est typiquement le groupe qui te donne l’impression que quelqu’un a enfermé cinq jeunes Anglais nerveux dans une cave avec du post-punk, aucun filtre, une énergie de labrador sous acide et un pays en décomposition sociale, puis a appuyé sur « record ».

Le groupe vient du sud de Londres et s’est formé autour du Queen’s Head, un pub devenu espèce de micro-laboratoire post-punk qui abrite notamment les Fat White Family. Une zone de chaos avec une tireuse à Guinness en somme…

Leur premier album, Songs of Praise, a débarqué en 2018 comme un énorme coup de latte nerveux. Cet album a été salué par la critique anglaise, genre NME, ce qui équivaut à obtenir un sourire de Trent Reznor.

Depuis, ils ont surtout confirmé, en quatre albums, qu’ils n’étaient pas juste une poussée d’acné post-punk.

Dedans : colère, ironie, sueur, guitares tendues, et cet exercice très britannique du « on va rire sinon on va exploser ».

Et surtout : le live.

Leur réputation, parfaitement justifiée, s’est construite énormément là-dessus.

Parce que sur scène, Shame ne donne jamais l’impression d’exécuter un concert proprement.

On dirait plutôt une mutinerie organisée au dernier moment.

Charlie Steen, le chanteur, a une présence complètement imprévisible.

Tu as toujours l’impression qu’il va tomber, grimper partout, provoquer quelqu’un, se jeter dans le public ou démarrer une crise existentielle en direct.

Mais derrière le chaos apparent, les morceaux sont ultra solides.

C’est ça qui les différencie du simple groupe de jeunes énervés.

Ils ont de vraies montées, des tensions très travaillées, un sens du refrain et surtout une capacité à rendre l’urgence euphorique.

Leur évolution est intéressante aussi parce qu’ils ont progressivement quitté le « post-punk à baffes » pour aller vers des choses plus mélodiques, plus étranges, parfois presque arty, sans perdre leur énergie de mammifères britanniques mal reposés.

Toujours agacés, ils revendiquent d’ailleurs en interview leur droit à « être un peu allergiques au post-punk » désormais.

Soit.

Ça décape quand même.

Cerise on the cake.

Il faut savoir qu’ils ont trimballé un « Wall of Shame » au merch sur lequel le public pouvait déposer ses pires moments de honte, de peur, d’expression de névroses et autres phobies sociales.

Et parfois, ces psychopathes les lisaient sur scène.

Voilà l’état d’esprit du groupe.

La honte est littéralement leur matière première.

Ils collectent.

Et ils restituent avec de la disto autour.

Et surtout, ils rappellent que le rock peut encore être vivant, imprévisible et légèrement dangereux.

Donc voilà Shame.

Un groupe qui ouvre les fenêtres.

Et évite aux vieux chnoques comme moi d’avoir une discothèque qui sent la naphtaline et le manque de curiosité.

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