AK’CHAMEL : TU CHERCHES L’ÉTRANGE, TU SAUTES DANS L’OCCULTE

affiche du concert de ak'chamel à la main d'œuvres de saint ouen

(Ou comment une soirée expérimentale peut doucement glisser vers l’incident surnaturel)

Je ne sais pas choisir raisonnablement mes concerts. Je fonctionne à l’impulsion douteuse. Et en général, c’est comme ça que je me retrouve dans les trucs les plus intéressants.

Et ici. Tout est parti d’une info lâchée entre deux commentaires par une amie de bon goût, spécialisée dans des genres musicaux extrêmement rugueux (voire hostiles), qui me balance, l’air de rien : « Ak’chamel, c’est du folk avec masques en toile de jute et instruments à base de n’importe quoi ramassé entre le bayou et un champ de maïs… »

Traduction : soit c’est génial, soit tu repars avec une entité collée à la nuque.

Cette phrase ! Un appel. Une corne de brume. Un appeau à grives. Une erreur de jugement en formation.
Et ça loupe pas, ma connerie se met immédiatement à l’arrêt. Le moment précis où le cortex démissionne.

Ni une ni deux. Me voilà à vérifier si ces gens existent (déjà). Et s’ils passent dans le coin.

Spoiler : oui.

Évidemment que oui. Sinon ce serait trop simple. Songsick me présente le plan ainsi :
L’Antirouille, Montpellier, vendredi 17 avril
(Merci à What The Fest – EX Tenebris LUX de me l’avoir signalé)

ET plus près de chez moi :
Mains d’Œuvres, Saint-Ouen, samedi 18 avril.
Un lieu parfaitement adapté pour invoquer quelque chose avec des types qui jouent avec des toiles de jute sur la tête.

Le visuel ? Une photo d’une tête morte avec une espèce de voile qui hurle dans le vide. On dirait un cadavre qui a raté son bus. Ou qui l’a pris, mais dans le mauvais sens.

✅ fond noir
✅ regard vide
✅ aucune promesse de plaisir
(on apprécie la transparence)

24,10€ : tarif très raisonnable pour une possible malédiction. Franchement à ce prix-là, même une possession partielle reste compétitive.

Et moi je regarde ça.
Et je me dis : oui. ça me semble être une bonne idée. Tu penses …

(Non. Mais c’est justement pour ça que je veux y aller.)

Et je pousse mes investigations.

C’est quoi Ak’Chamel ?

Officiellement, Ak’Chamel, c’est :

⁃ ritual psych folk
⁃ chamanisme post-apocalyptique
⁃ psychédélisme brûlé par le désert
⁃ folk rituel lo-fi

Donc personne ne sait, mais tout le monde acquiesce très sérieusement.

À ce stade, je sais que je vais pas m’en sortir…
Pas intacte, en tout cas.

Ils parlent aussi de :

⁃ costumes cauchemardesques
⁃ rituels hallucinatoires
⁃ dimension théâtrale

C’est le moment où je comprends que personne ne va « juste jouer des morceaux ».

À ce stade également, je sais que je ne pars pas dans un afterwork avec Gérard de la compta pour boire des kirs mûre dans un bar à cocktail.
(Gérard n’est pas prêt. Et moi non plus, mais c’est moins grave.)

Et le groupe ajoute qu’ils ont à leur actif :

⁃ 15 cassettes
⁃ des VHS cryptiques
⁃ des millions de vues

Visiblement y’a des gens qui savent… et je n’en fais pas partie. Et c’est exactement pour ça que c’est intéressant.

Je continue à lire la description du concert. Parce que je suis courageuse. Et obstinée.
Ou légèrement inconsciente, selon l’angle.

Et je tombe sur ça : Scattered Purgatory

En guest. Et je lis une salade de mots avec :

✅ Taïwan
✅ ethnographie perdue
✅ downtempo
✅ doom
✅ sound design granulaire

Là, même Wikipédia commence à transpirer.

J’ai perdu le fil à purgatoire… vraiment.
(C’est normal, le fil n’existe plus.)

Mais je persiste.

Donc, si on résume ma soirée potentielle, je vais vivre :

✅Une immersion dans un purgatoire sonore asiatique
✅Un rituel chamanique du désert

Globalement un samedi classique.

Et je comprends un truc très important : Si j’y vais, je vais traverser une expérience qui ne va pas tenir debout une fois racontée.

Ou pire : que je vais raconter… et que personne ne va croire.

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