LE MEC EN T-SHIRT JOY DIVISION, CONSTANTE UNIVERSELLE ET DON D’UBIQUITÉ

Illustration de la "vague" de Joy division avec l'inscription slayer dessous

(Série d’observation hivernale en attendant les migrations festivalières. Aujourd’hui : une anomalie stable qui traverse tous les styles musicaux sans jamais faillir)

Il est partout. Il est constant. On ne sait pas d’où il vient. On ne sait pas où il va. Mais il est déjà là. Peu importe l’affiche. Peu importe le style. Peu importe l’heure. Il y aura toujours un mec en t-shirt Joy Division. Toujours.

Localisation

– devant une scène électro
– à un concert de metal
– au fond d’un festival pop
– devant du zouk ou du reggae
– parfois même à un concert… de post-punk

Particularité scientifique

Il ne dépend pas du line-up. Il existe indépendamment du contexte. Il pourrait apparaître dans un mariage. Personne ne serait vraiment surpris. C’est le cousin du mec qui gueule « Slayer » mais en version intériorisée. Moins de décibels. Même mystère.

Morphologie

T-shirt noir. Logo Unknown Pleasures. Regard normal. Attitude normale.
(Trop normal, justement.)

Rien ne permet d’expliquer sa présence devant un groupe qui s’appelle possiblement Necro Voltage… ou du sludge colombien à 15h dans les Ardennes.
(Personne ne peut expliquer le sludge colombien à 15h dans les Ardennes non plus.)

Et pourtant, on reconnaît le motif. Tous. Même ceux qui ne savent pas. Des lignes blanches. Des « montagnes » abstraites. Un signal venu d’ailleurs.
(Et visiblement jamais redescendu.)

Certains savent.
D’autres pensent que c’est un equalizer.
D’autres encore ne se sont jamais posé la question.
D’autres vont te raconter l’histoire complète.
Ceux-là connaissent aussi la date de sortie, le pressing original et l’ingénieur du son.
Ceux-là. Barre-toi !
(Sans courir. Mais fuis quand même.)

Mais globalement : le t-shirt fonctionne sans mode d’emploi.
Et c’est bien le problème. Il est graphique. Graphique. ÇA veut dire : c’est joli, ça passe partout et souvent à côté. C’est son drame.

Interaction avec l’environnement

– discret
– stable
– jamais agressif
– toujours présent

Il ne perturbe rien Il ne participe pas spécialement.
Mais il est là. Toujours.
(Comme un meuble. Mais un meuble fiable.)

Il est universel et mythologique au même titre que le barbu torse-poil.
(Il y a toujours un barbu torse-poil. Toujours.)

Hypothèse critique

Le t-shirt Joy Division est devenu un uniforme.
Porté autant par :
– des fans sincères
– des gens qui trouvent que « ça va avec tout »
– des gens qui aiment le noir
– des gens qui ne savent pas
– des gens qui savent… mais pas trop

Le même symbole. Cinq intentions différentes.
(Parfois dans la même soirée.)

On ne va pas faire les gardiens du temple. On n’a pas le temps. On a un concert.

MAIS.

On parle quand même d’un groupe qui transformait le malaise en art…
(pas en tenue casual du samedi)

Conclusion

Le mec en t-shirt Joy Division n’est pas un choix. C’est une loi. Un invariant.
Comme un poteau dans un champ. Comme un pigeon en ville.

Spécimen compte triple si vous croisez le mec en t-shirt Joy Division qui gueule Slayer !!!
Il y a débat scientifique sur son existence.
Mais voilà ce que l’on sait de lui :
– observé depuis 1981, parfois immobile, parfois en mouvement lent (personne n’a jamais vu la transition)
– traverse les scènes sans logique apparente ni validation technique
– pourrait déjà être derrière vous
Vous êtes avertis.

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