EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN, LA SOIRÉE OÙ PARIS A PRIS CHER
(14 février 1984, le jour où Blixa a balancé du béton dans la fosse au Forum des Halles)
Il y a 42 ans, Yves se pointe au Rock franco-allemand aux Halles.
Déjà la troisième fois qu’il voit Einstürzende Neubauten.
Troisième fois.
Le gars est revenu volontairement.
Ça pose le niveau d’engagement.
À ce moment-là, Kollaps n’est plus un accident.
C’est une méthode.
Les Allemands mythiques continuent d’ailleurs de jouer puisqu’ils sont annoncés le 6 avril à l’Ancienne Belgique à Bruxelles et le 10 avril au Lieu Unique à Nantes.
Je dis ça, je dis rien.
Acte 1 : Première partie
Les Français de Movement ouvrent.
Bonne surprise.
Yves achète le 12”. Propre, tendu, efficace.
Les Français ont fait leur part.
Mais c’était avant l’arrivée du Kommando allemand.
Acte 2 : Entrée de la division acier
Quand Neubauten débarque, on n’est plus dans un concert.
On est dans un chantier public non déclaré.
Dirigé par Blixa Bargeld, chef de travaux psychotiques.
Le Forum des Halles. Béton officiel. Culture validée.
Et au milieu : des Allemands qui frappent des poutres comme s’ils testaient la solidité de la République.
Les instruments :
plaques métalliques
tubes
barres d’acier
marteau-piqueur
toupie à béton
Oui.
Une vraie.
En rotation.
Avec du béton dedans.
Sur scène.
À Paris.
En 1984.
Acte 3 : Béton, bruit, beauté
Le set commence.
Le bruit devient musique.
La musique devient effraction.
Le public devient matériau.
Les Halles vibrent comme un parking souterrain sur le point de céder.
Et Yves reçoit des pelletées du contenu de la toupie.
Direct.
En pleine face.
En pleine France.
Concert industriel version immersion.
Acte 4 : Après ?
Yves, laconique :
« Je ne sais pas si les concerts suivants ont pu avoir lieu. »
Traduction :
Quand Neubauten passe, il reste rarement quelque chose d’utilisable derrière.
Acte 5 : Blixa
Blixa ne chante pas.
Il dirige.
Il incante.
Il frappe.
Il sculpte le vacarme.
Il n’essaie pas d’être aimé.
Il essaie de transformer un lieu en expérience physique.
Neubauten ne joue pas dans une salle.
Ils la mettent à l’épreuve.
Conclusion
En 2026, ce concert durerait 4 minutes.
Le temps que la sécurité, l’assurance et le service communication s’évanouissent ensemble.
Cette soirée, c’est Neubauten pur jus :
dangereux
sale
précis
impossible à raconter à quelqu’un qui n’a jamais pris une pelletée de béton en écoutant du post-punk industriel
Yves peut dire : « J’y étais. »
Et ça suffit.
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