PULP AU ZÉNITH OU COMMENT CHANTER SUR LA MÉDIOCRITÉ À PLEINS POUMONS ET PRENDRE 30 PIGES DANS LES DENTS
Pulp au Zénith Paris – La Villette.
Avec un premier nouvel album depuis près de 25 piges, produit par James Ford (Arctic Monkeys, Fontaines D.C., The Last Dinner Party).
Voilà. Ça, c’est la promo.
Maintenant, on cause.
Le 6 juillet, des milliers de gens vont se lever, danser et hurler ensemble des paroles qui parlent de frustration, de classe sociale, de désir mal placé, de vies ordinaires qu’on a tenté d’enduire de vernis social.
Pulp, c’est Sheffield
Ville ouvrière. Pas carte postale.
Formé à la fin des années 70. Devenu visible presque vingt ans plus tard.
Un groupe qui a attendu longtemps avant d’être regardé.
Forcément, ça fabrique autre chose que de l’arrogance.
Jarvis Cocker
Grand. Sec. Lunettes. Démarche de mante religieuse ironique.
Il ne joue pas la rock star.
Il joue l’observateur.
Le type au fond de la soirée qui voit tout et note mentalement.
Et surtout : il tire.
Jarvis est un sniper social avec une tête de prof de latin-grec.
Il transforme la pop en scalpel.
La mécanique
Pulp n’est pas juste un groupe pop.
Pulp utilise la pop comme camouflage.
Tu danses.
Puis tu déprimes un peu.
Common People
Pas un hymne fédérateur. Une dissection du tourisme social.
Une fille riche qui veut « vivre comme les pauvres ».
Réponse : tu peux jouer à être pauvre. Nous, non.
Disco 2000
La nostalgie qui se fracasse contre la réalité.
Les fantasmes d’adolescence transformés en CV et crédits immobiliers.
This Is Hardcore
Pas provocateur.
Juste l’âge adulte qui arrive et dit : voilà ce que c’est vraiment.
Et c’est cruel.
La position
Jarvis ne regarde pas les gens ordinaires de haut.
Il est dedans.
Mal ajusté. Trop conscient. Trop lucide.
Il a souvent dit qu’il voulait écrire sur ceux qui ne sont pas des héros.
Pas pour les mépriser.
Pour leur donner un espace.
Conclusion
Pulp est pop.
Mais Pulp ne chante pas la réussite.
Pulp ne vend pas la transcendance.
Pulp met en lumière l’ordinaire, le ridicule, la classe, le désir, la honte.
Et le fait danser.
Et ça, c’est fort.
Pour les autres
Pour ceux qui s’en foutent des paroles :
une pop qui groove
un frontman magnétique et bizarre
une euphorie collective légèrement bancale
Ça danse en costume.
Ça pleure un peu en dedans.
Et c’est cool aussi.
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