SIMPLE MINDS – MARQUEE CLUB, LONDRES, 3 JUILLET 197

ARCHIVES DE YVES SIMPLE MINDS

(ou comment Yves est allé voir un groupe inconnu et en est ressorti avec son disque le lendemain)

Pour ceux qui découvrent la série : Yves, c’est le chanteur de Guerre Froide. Mais ici, il est surtout mon témoin privilégié. Depuis près de cinquante ans, il accumule concerts, souvenirs et archives. Et surtout il était là à la naissance du post-punk. C’est l’un des rares mecs que je connaisse qui a réellement vu jouer Joy Division aux Bains Douches. Je l’ai déjà chroniqué. Bref. Il a des souvenirs et je les transforme en Archives de Fosse. Lui relit, corrige et valide. On remonte le temps, une date anniversaire après l’autre.

Donc. Le 3 juillet 1979, Yves traverse Londres avec trois futurs membres de Guerre Froide pour voir Simple Minds. Destination : le Marquee Club. À Londres. Autant dire une cathédrale.

SIMPLE MINDS ? CONNAIS PAS.

À cette date, Life in a Day est sorti depuis trois mois.

Yves ne l’a jamais écouté. Il ne possède pas le disque. Il ne connaît absolument pas le groupe.

Autrement dit : il entre dans la salle comme on entrait encore dans les concerts à l’époque.

Sans algorithme. Juste avec un billet…

Enfin non. Un carnet à souche.

Le Marquee fonctionnait comme ça.

Le ticket est resté à Londres.

Le souvenir, lui, est rentré en France.

MAIS ATTENDS… ON PARLE BIEN DE SIMPLE MINDS ?

Oui. Le même.

Celui qui remplira plus tard les stades.

Celui de Don’t You (Forget About Me).

Celui que beaucoup résument aujourd’hui aux années 80 les plus tartignoles jamais produites.

Sauf qu’en juillet 1979… Tout ça n’existe pas.

Simple Minds est encore un jeune groupe écossais qui cherche sa langue.

On entend encore Bowie.

On entend Roxy Music.

On entend le krautrock.

On entend l’art rock.

Et surtout, on entend déjà cette envie d’aller ailleurs. Pas encore les hymnes.

Pas encore les bras levés.

Pas encore les stades.

Juste cinq musiciens qui fabriquent quelque chose d’étrange, de nerveux, de très européen.

CINQ ÉCOSSAIS ET UN VIOLON

Ce soir-là, le groupe arrive. Pas de coiffures nucléaires. Pas de perfectos cloutés. Pas de look pensé pour Instagram quarante ans plus tard.

Juste cinq musiciens. Et un violon.

En 1979, dans un jeune groupe britannique, ce n’est pas exactement un accessoire courant.

Yves est immédiatement happé par l’atmosphère.

Jim Kerr est déjà un excellent frontman.

Sans en faire des tonnes.

Charlie Burchill passe de la guitare au violon avec une facilité déconcertante.

Quant à Derek Forbes… Sa basse n’a pas encore trouvé ce son immense qui fera bientôt sa signature.

Mais quelque chose est déjà là.

Le groupe possède déjà une identité.

Pas totalement aboutie. Mais reconnaissable.

LE LENDEMAIN

C’est mon passage préféré.

Parce qu’il est d’une simplicité désarmante.

Le lendemain… Yves et ses potes achètent tous le premier disque. Pas parce qu’ils viennent d’assister à la naissance d’une légende.

Pas parce qu’ils sentent déjà les stades.

Juste parce qu’ils ont aimé ce qu’ils ont vu.

Quelques mois plus tard sortira Real to Real Cacophony.

Et Yves me dit aujourd’hui, quarante-sept ans plus tard : « C’est toujours mon Simple Minds préféré ».

Je trouve ça magnifique.

Parce que ça nous rappelle une chose.

Les grands groupes ne naissent pas dans les stades.

Ils naissent souvent dans une salle de quelques centaines de personnes, devant des gens qui n’ont aucune idée qu’ils sont en train d’assister au début de quelque chose.

📸 Exceptionnellement, pas de ticket aujourd’hui. Au Marquee Club, l’entrée se faisait avec un carnet à souche conservé sur place. L’affiche d’époque trouvée sur eBay prendra donc le relais.

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