DITZ : ENCORE UN CRASH SONORE A LILLE AVANT PARIS

Spoiler : on a bien pris. Mais pas comme prévu.

Je m’attendais à une claque. Comme à chaque fois. Un crash sonore brut, sincère, chaotique, le genre de set qui te réaligne la nuque et les chakras avec une basse bien en avant et un batteur possédé.

Je venais pour l’énergie, pour le grain nerveux, pour Cal Francis qui te gueule ta culpabilité dans les dents. Je savais que ce serait différent, concert de résidence oblige, mais j’étais pas prête pour ce que j’ai reçu.

DITZ a changé. Le set aussi.

On n’est plus dans le post-punk explosif à ruptures nerveuses. On glisse lentement vers quelque chose de plus expérimental, plus tendu, plus sinueux.

Les morceaux s’allongent. S’enroulent. Ralentissent parfois. Il y a des samples. Des textures. De la recherche. Du bizarre assumé.

Et c’est beau.

Mais c’est pas encore digéré dans le set habituel. On sent que la greffe est fraîche. Que les anciens morceaux frontaux reviennent en force pour rassurer. Et que le nouveau monde est placé au milieu, comme une faille temporelle noise.

J’étais pas à ma place habituelle : j’ai changé de côté.

J’ai quitté le camp Anton (zone bruit finement ciselé) pour me foutre en plein cœur du triangle basse-batterie-guitare.

Résultat : j’ai pas vu le même concert. J’ai pris la basse en direct dans le sternum, la batterie dans les côtes et la guitare dans la gueule.

Hier, ils étaient crispés. Pas parce qu’ils jouaient mal. Mais parce que, pour la première fois, ils portaient tout sur leurs épaules.

Pas une première partie. Pas une date au milieu d’une tournée.

Leur nom. Leur son. Leur salle.

Et ce set-là, c’est celui qu’ils vont sortir à l’Élysée Montmartre en novembre.

Moi, je l’ai vu avant tout le monde. Pendant que les morceaux fumaient encore. Pendant que les doutes étaient visibles. Pendant que le chaos n’était pas encore orchestré, juste dangereux.

Et c’est pour ça que je les aime. Parce qu’ils cherchent. Parce qu’ils se jettent. Parce qu’ils n’enrobent pas la mutation.

Ce n’était pas le concert parfait.

Mais c’était le bon concert. Le vrai. Le fragile. Le brut.

Et pour une fois, c’est Lille qui l’a eu.

Checklist de fin du monde

  • Nouvelle setlist en rodage, public un peu perdu
  • Deux basses : l’une qui grogne, l’autre qui bave
  • Accords bizarres, tempos cassés, structures mouvantes
  • Changement de côté stratégique, nouveau mix
  • Oreilles nettoyées au médium gras
  • Crise d’amour devant le bordel
  • Francis toujours prêt à te juger sans te haïr et à te rendre personnellement responsable de la hausse du prix du gaz
  • Set instable mais habité
  • Émotion : présente
  • Dignité : laissée sur l’A1
  • Paris va juste hériter d’un concert déjà rôdé. Nous, on a eu le vrai.

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