DITZ – Aéronef, Lille : Concert de fin de résidence
DITZ termine sa résidence à L’Aéronef de Lille avec un concert plus intime, plus brut et forcément plus risqué qu’une date de tournée classique. Le groupe post-punk noise de Brighton va tester son nouveau set pendant que les morceaux fument encore. J’ai ma place. Mes cervicales sont prévenues.
DITZ ?
C’est mon coup de cœur absolu de ces deux dernières années. Déjà vus trois fois. Toujours une claque. Et une cervicale en moins.
Ils font du vrai. Et ils sont bruyamment recommandés par Joe Talbot himself, qui nous les a présentés à Paris en première partie de IDLES au Zénith.
Le genre de post-punk-noise déglingué, nourri au malaise social, aux guitares râpeuses et aux coups de batterie qui font reculer l’ostéopathe.
DITZ est magique parce qu’ils sont sincères. Et efficaces. Et entiers. Et ça fait du bien. Ils disent que l’Angleterre est toujours un peu vénère. Et ça réaligne les planètes dans ce monde merdique.
Avec au centre du vortex la personnalité charismatique et unique de Cal Francis, qui semble t’engueuler pendant tout le set et te rendre personnellement responsable de tout ce qui déconne sur Terre. Y compris ton propre rapport à ton corps.
Bref. Je les aime.
Originaires de Brighton, ils traînent une réputation de groupe qui ne joue jamais à moitié. Et c’est vrai. Des types qui montent sur scène comme d’autres montent sur le ring : avec un sourire inquiétant de psychopathe et les veines prêtes à exploser.
Et leur truc, c’est la rupture de rythme.
Et leur science du chaos n’est pas un hasard : l’un des guitaristes est batteur à la base. Du coup, t’as deux cerveaux de batteurs dans le line-up. D’où cette obsession du contretemps, des mesures tordues et des breaks qui cassent les genoux.
Résultat : les morceaux se désarticulent, changent de direction sans prévenir, t’égarent volontairement… puis te rattrapent par le fond du slip pour te replonger dans le riff suivant.
C’est une gymnastique rythmique millimétrée, un chaos orchestré qui donne cette impression que tout peut s’effondrer mais jamais vraiment.
Ajoute là-dessus une basse bien en avant, un exosquelette en titane, et des guitares traitées comme des samples vivants : des blocs jetés dans la mêlée qui se parlent et se répondent. Avec des touches comme un tableau impressionniste.
Et cette fois, c’est Lille qui prend.
Un concert de fin de résidence à l’Aéronef.
Ce n’est pas une date de tournée. C’est plus intime, plus brut, plus risqué.
- On va voir le nouveau set avant tout le monde, pendant que les morceaux fument encore
- On va essuyer les plâtres, les cris et les nouvelles structures
- On va voir si le chaos sait se réinventer
- Et pour une fois on est prioritaires sur Paris. Fierté chauvine de fond de cuve mais assumée.
J’ai ma place.
Ils ont leurs amplis.
À voir si t’as du courage, des acouphènes traités et pas peur de finir un peu moins con.
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