MARQUIS DE SADE 1980, AMIENS, BJ’S CLUB, LA NAPPE ET LE RIZ CANTONNAIS

collection personnelle de Yves Royer Marquis de sade a amiens en 1980

(Série anniversaire des archives de Yves, l’homme qui a vu le post-punk avant le post-punk ou comment finir un concert avec une nappe devenue relique sacrée)

Il y a 46 ans, un soir béni par sainte Justine (ce qui est déjà punk en soi) Yves se retrouve à son deuxième concert de Marquis de Sade de l’année 1980.
Oui, deuxième.
Quand on aime l’os, les angles droits et la tension glacée, on compte plus.

Le BJ’s Club d’Amiens avait invité le groupe.
L’homme à remercier ? Alex Mensch (futur designer pour Guerre Froide, donc un saint patron lui aussi). Et Yves avait même retouché son invit’ à la machine à écrire.
On est en pleine archéologie post-punk.

ACTE 1 : LE CONCERT

Jean-Marie Roinel shoote, c’est le photographe amiénois qui capte l’esthétique glacée de la soirée (merci pour la photo dans le post). Il solarise. Tout devient blanc, noir, spectral, conforme à l’ADN de Marquis de Sade : élégance froide, raideur new-wave, poésie de béton brut. Pascal, sur scène, mélange incandescence bretonne et menace chic. Amiens survit.

ACTE 2 : L’AFTER

Et là… le rituel immuable des concerts au BJ’s : le repas après le set.
Un truc inimaginable aujourd’hui quand t’as trois groupes, un DJ set et un sponsor Red Bull.

Direction le Shangaï, resto de l’époque.
Tout le monde mange.
Sauf que ce soir-là, Pascal dessine.
Torse raide, regard noir, main inspirée.

Il gribouille sur la nappe en papier une variation du logo du premier album.
La nappe. Pas un poster. Pas un fanzine.
La nappe.

Et Yves, qui n’a peur ni des moshpits ni des trucs archivistes, arrache proprement ce morceau de papier devenu instantanément relique sacrée.
Pas de signature ? On s’en fout.
L’instant est sacré. La preuve matérielle d’une époque où le post-punk se vivait à table, entre un riz cantonais, un groupe en sueur, et la naissance d’un mythe.

ACTE 3 : AUTRES AFTERS

Starshooter, Bijou, les Dogs.
Même ambiance.
Même Shangaï.
Mais jamais Yves n’a emporté quoi que ce soit.Juste avec Marquis de Sade.
Parce que parfois, le destin dit : « Tiens. Prends cette nappe. Tu comprendras dans 40 ans. »

Ce moment, c’est de la culture vivante en version punk noir : Marquis de Sade, un club en transe, un resto chinois à Amiens, et une nappe devenue relique post-punk.
La Sainte Justine n’a jamais été aussi rock’n’roll.

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