THE YOUNG GODS, GRAVITÉ SUISSE ET DÉVASTATION MÉTRONOMIQUE REPARTENT EN MOUVEMENT
The Young Gods repart en tournée européenne en 2026 avec Appear Disappear et plusieurs dates en France. Quarante ans après avoir dynamité les règles du rock à coups de samplers, les Suisses restent une expérience physique à voir en salle, de préférence beaucoup trop près des caissons.
Les Suisses les plus dangereux du circuit repartent en 2026, toujours avec leur dernier album Appear Disappear. Une merveille sèche, tendue, sans graisse.
Tournée européenne. En France :
- 20 mai — Montpellier, Rockstore
- 21 mai — La Rochelle, La Sirène
- 22 mai — Rouen, Le 106
- 23 mai — Strasbourg, La Laiterie
- 24 mai — Besançon, La Rodia
- 19 juin — Clermont-Ferrand, La Coopérative de Mai
- 20 juin — Clisson, Hellfest Open Air Festival (sold out, évidemment)
C’est le moment de rouvrir le dossier.
Milieu des années 80. Tout le monde s’enfonce dans la reverb et les claviers FM. Trois Suisses arrivent avec une idée dangereuse : un chanteur, un batteur, un type aux samplers. Pas de guitare, pas de basse, pas de confort. Du son prélevé, découpé, torturé, recraché en temps réel. Organique, industriel, physique.
1987. Premier album. Une brèche. Bowie cite. Reznor observe. Jourgensen comprend. Quarante ans plus tard, ça tient toujours.
Je les ai vus à Lille, à l’Aéronef. Plusieurs fois déjà, mais cette date-là avait la densité d’un phénomène météorologique. J’étais trop près. Assez pour que mes os deviennent percussion.
Franz Treichler dirige sans jamais surjouer. Il sculpte les mots, canalise l’énergie, impose la trajectoire.
Cesare Pizzi manipule l’espace avec trois gestes précis.
Bernard Trontin frappe comme s’il dialoguait avec une force invisible. Je ne dirai pas chamanique. Mais on y pense.
Trois hommes calmes. Aucun ego spectaculaire. Juste une maîtrise absolue.
Le set oscillait entre gravité et apesanteur. Son impeccable. Les infrabasses traversent le diaphragme, recalent la colonne vertébrale. Ce n’est pas un concert, c’est une architecture sonore. On a l’impression qu’ils déplacent l’air.
Dernier impact. Silence net.
Je suis restée debout, vidée, parfaitement réalignée.
The Young Gods, c’est ça.
Un groupe d’impact.
À voir en salle.
À encaisser sans distance.
Et si tu ressors intact, c’est que t’étais trop loin des caissons.
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