SIOUXSIE & THE BANSHEES, LA SOIRÉE OÙ IL NE S’EST RIEN PASSÉ… SAUF L’APPARITION DE LA LÉGENDE

(Paris, 47 ans hier. Le gothisme n’était pas encore livré.)

Alors là, on tient un moment rare.

Un OVNI dans la carrière de spectateur du camarade Yves.

Pour ceux qui viennent d’arriver : Yves, c’est le chanteur de Guerre Froide. Un type qui a vu littéralement naître le post-punk dans les années farouches.

Il me livre ses mémoires. Je les restitue. Le billet, c’est le sien. Merci à lui.

Et donc, Yves, pour ceux qui suivent, ne pouvait pas faire un concert sans chaos involontaire.

Et ce concert de Siouxsie en 1979 est miraculeux.

Un concert où :

il n’a pas été tabassé par trois keupons
il n’a pas glissé sur un whisky
aucun pied de micro n’a été lancé au visage du public
aucune toupie à béton ne lui a expédié de gravats
personne n’a volé ses chaussures
il n’a pas fini à l’hôpital

Une soirée sans incident.

Chez Yves, c’est du paranormal.

Le décor

Paris. 1979. Le Palace. 30 francs.

Aujourd’hui, t’as un mojito tiède.

En 1979, t’avais Siouxsie.

Les Banshees viennent de sortir The Scream. Ils glissent vers Join Hands.

Siouxsie n’est pas encore la déesse noire des années 80.

Elle est dans sa phase : on forge les armes, on teste, on pique, on transperce.

Yves débarque avec son CV d’acheteur compulsif chez Small Wonder, un bootleg approximatif sous le bras, titres bancals et orthographe douteuse.

Mais il s’en fout.

Il sait reconnaître une légende avant qu’elle devienne un t-shirt H&M.

Le concert

Pas besoin d’inventer.

Yves l’a dit lui-même :

« Aucun incident. Rien. Nada. Le calme absolu. »

Et ça, c’est probablement le fait le plus extraordinaire de la soirée.

Siouxsie est en place.

Severin hypnotise. McKay déchiquette. Morris martèle.

Budgie n’est pas encore là.

Et Yves ne finit ni dans une rixe, ni sur un brancard, ni dans une discussion absurde avec un inconnu mythique.

Un concert où tout se passe bien.

Dans sa vie, c’est presque une performance conceptuelle.

Vue de la fosse

Siouxsie pré-goth, c’est comme voir un volcan avant l’éruption.

Tout est déjà là. Brut. Électrique.

Mais sans les corbeaux, sans les épaulières, sans les ombres noires version 1981.

Une beauté sans vernis. Une menace sans eyeliner.

Et Yves est là.

Sage. Calme. Tranquille.

Probablement debout. Probablement captivé.

Probablement en train de se dire :

« On va vraiment passer une bonne soirée ? »

Oui, Yves.

Ça arrive.

Parfois.

Conclusion

Le calme. La paix. La musique pure.

Un miracle plus gothique que Siouxsie elle-même.

Qui déjà était magnifique.

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