EN NORD BEAT : TROIS JOURS DANS CH’NORD ENTRE TENSION ET MOUSTACHES FUNK

(Ou comment, fin juin, à Bailleul, on va mélanger les genres sans jamais diluer les nerfs)

Bienvenue à En Nord Beat, à Bailleul. 10e édition. 26, 27, 28 juin 2026.

Bailleul, c’est dans le Nord. Le vrai. Tout en haut de la pointe de l’hexagone. À deux pas de la frontière belge.

Entre les monts, les champs, les briques rouges, le vent qui n’a pas demandé ton avis et une culture musicale qui circule depuis toujours d’un côté à l’autre de la frontière.

Le Nord, c’est une terre sérieuse. Pas spectaculaire. Pas bavarde. Mais quand il s’agit de musique, ils ont un talent rare : mélanger des trucs.

Je ne vais pas revenir sur Main Square 2026. Ça va m’agacer. Bigflo & Oli avant Deftones reste un traumatisme majeur. Mélanger de la musique pour supérette avec les princes du nu metal, c’était trop ambitieux.

Mais à En Nord Beat, on assume que des esthétiques différentes peuvent cohabiter si elles ont toutes quelque chose à dire sur scène. Et ça change tout.

Le festival se revendique intergénérationnel, festif, décontracté, alternatif, éclectique, chaleureux… et en pleine nature (ce qui veut dire parking dans un champ et priez pour qu’il ne pleuve pas).

Ici, tout se mélange : pop, rap, soul, world, post-punk, funk, trip hop. Un vrai bordel. Mais un beau bordel.

Repères rapides pour survivre

Perso, je suis attirée par Tramhaus et Getdown Services le vendredi. C’est ma famille musicale.

Les premiers, j’ai déjà écrit, dit, redit que c’était un de mes coups de cœur 2024/2025. Les seconds, j’ai envie de les voir parce que si tu fais la première partie de Viagra Boys, c’est que t’es totalement taré par essence. Et ça m’attire comme une mouche sur un cornet de frites.

Mais j’aime aussi le groove honnête. La tension. Les groupes qui transpirent des aisselles.

Donc, pour cette 10e édition, si j’avais le don d’ubiquité, je me laisserais tenter par :

Vendredi

TRAMHAUS (NL) : post-punk tendu, sombre, physique. De la chaussette, de la claquette, et un des frontmen les plus habités actuellement.
GETDOWN SERVICES (UK) : ils disent pop alternative. Moi je dis dance-punk crado, ironie anglaise, groove qui claque comme une porte de pub à 2h du mat.

Et autour : Amadou & Mariam (afro-pop), Jeannette & Maj (dance/house), Bardix le Gaulois (techno). Oui, tout ça ensemble.

Samedi

DELUXE (FR) : pop-funk éclectique, groove massif, énergie collective, cuivres et rythme. Et là je m’arrête : si la baseline c’est « si ça t’a plu, reviens moustachu », j’arrive en courant.

Avec Frizzy P & Mr Cole (trip hop), M.A.O Cormontreuil (indie house), Marta (electro), Autofocus (rap / UK bass).

Dimanche

THE BROOKS (CAN) : funk massif, section rythmique en béton armé. Groove tendance afrobeat. Ça ondule du bassin. Des solides.

Avec Youthie (reggae/world) et Phoya (jazz/soul).

Conclusion

Pour le reste, débrouillez-vous. Allez voir la prog. Soyez curieux.

Surtout que chaque journée dépasse à peine les 35 €. Rentable sur un groupe. Même si tu n’en connais qu’un, t’as gagné ta journée. Et tu n’es pas à l’abri de faire des découvertes en bonus. Ce qui est, je le rappelle, le principe des festivals.

La suite arrive. 50 artistes au total.

Fin juin, à Bailleul, ça va être debout.

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