DUCTAPE ARRIVE À PARIS EN SEPTEMBRE 2026 … AVEC UNE HISTOIRE BELGE

Ductape en concert, duo turc de darkwave

Ductape joue au Petit Bain le 12 septembre : l’occasion de revoir un duo turc de darkwave que j’ai découvert en Belgique, le soir où un changement de programmation devait les condamner à jouer devant une salle vide et où le public a décidé exactement l’inverse.

(ou comment un duo turc a retourné un festival belge pendant qu’un dinosaure faisait la gueule)

Je n’en parle pas parce que c’est darkwave. Je n’en parle pas parce que c’est à la mode. Je n’en parle pas parce que c’est « dans la lignée de » She Past Away. Encore que oui, mais en mieux.

J’en parle parce que j’ai vu ce groupe quand le réel a décidé de faire un tri. Quand la hiérarchie a glissé. Quand l’autorité a voulu imposer. Et quand la fosse, elle, a choisi autrement.

Si je te parle de Ductape aujourd’hui, c’est parce qu’ils jouent le 12 septembre au Petit Bain. Et que ce duo-là ne se raconte pas avec des adjectifs creux. Il se raconte avec un soir précis.

Dans un festival belge. À une heure où ils n’auraient jamais dû compter. Et ce soir-là, quelque chose s’est déplacé.

DUCTAPE, C’EST QUI ?

Ductape, c’est un duo turc. Darkwave froide, tendue, minimale, mais habitée. Pas de mystique en carton. Pas de goth de catalogue. Ils sont honnêtes. C’est sec, précis, émotionnel sans être démonstratif. Une musique qui avance droite, sans demander l’autorisation.

Et la voix de Scylla : grave, profonde sans être lourde, sexy sans être allumeuse, portée par des guitares incroyables. C’est vraiment bien, Ductape.

ET MAINTENANT, L’HISTOIRE

Je les ai vus en Belgique en 2024. Un festival darkwave/post-punk, belle affiche, orga solide, public sympa. Tout était parfait. Et Ductape était programmé avant Clan of Xymox.

Logique sur le papier. Erreur dans la vraie vie.

Ronnie Moorings a décidé que non. Monsieur ne voulait pas jouer tard. Monsieur a ordonné. Classique. Tout le monde le sait. Moi je le dis.

Résultat : Ductape se retrouve en fin de soirée. Créneau maudit. Le slot où tu joues devant trois fantômes, deux techniciens fatigués et un type qui cherche les toilettes.

Sauf que Ductape ne pleure pas. Ne boude pas. Ne fait pas semblant. Ils viennent de loin, pas juste géographiquement. Artistiquement aussi. Et ils acceptent la modification avec classe, professionnalisme et gentillesse.

Alors il se passe un truc que tu ne programmes pas sur Excel. Les autres groupes font passer le mot. Un par un. Discrètement. Respectueusement. « Restez pour Ductape. » Pas une consigne. Un appel.

Et les gens restent. Et ils font un triomphe.

Mieux : pendant Clan of Xymox, certains sont dans la fosse… dos tourné à la scène. Silencieux. Présents ailleurs. Parce que parfois, la scène choisit son camp toute seule.

Ductape joue devant une fosse qui n’aurait pas dû être là. Et pourtant, elle est pleine. Vivante. Attentive. Pas par nostalgie. Pas par respect automatique. Mais parce que c’est juste.

Ce soir-là, Ductape n’a pas gagné un créneau. Ils ont gagné le public. En restant eux-mêmes : gentils, pros, accessibles.

Et ça, désolé Ronnie, ça ne s’ordonne pas.

Donc oui, va les voir au Petit Bain. Tu risques un excellent concert. Mais surtout, tu verras un groupe élégant et aligné.

Et ça, c’est rare. Très rare.

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