RÉTRO C TROP : COMMENT J’AI CRU QUE C’ÉTAIT UN FESTIVAL DE TRIBUTES ET COMMENT J’AI CHUTÉ DANS LE REGRET ÉTERNEL

(et pourquoi j’ai déjà mon billet pour les 10 ans avec les B-52’s)

Je vais être honnête.

Au début j’étais pas là.

Pourquoi ?

Dans ma tête, Rétro C Trop ne pouvait être qu’un festival de tributes, perdu quelque part dans la Somme, avec des perruques Lidl, des chanteurs « sosies officiels », et des reprises de reprises de reprises.

Bref.

Un enfer.

Erreur. Monumentale. Cosmique. Historique.

Je chiale encore.

EPIC FAIL EN MAJUSCULES FLUO.

Et puis un jour, j’ai regardé l’affiche.

Mais vraiment regardé.

Pas en diagonale. Pas avec mépris.

Et là… j’ai compris.

Ce n’étaient pas des hommages.

Ce n’était pas « inspiré par ».

Ce n’était pas « dans l’esprit de ».

C’ÉTAIENT EUX.

Les vrais.

Ceux que j’ai tranquillement ratés à vingt minutes de chez moi comme une débile certifiée :

  • Midnight Oil
  • Tears for Fears
  • Simple Minds
  • Alice Cooper
  • OMD
  • Madness
  • Sting
  • Supertramp
  • The Pretenders

… j’arrête sinon je vais pleurer.

Oui.

Je vis avec ça maintenant.

Depuis, j’ai fait deux éditions.

Et je peux le dire sans trembler :

  • Rétro C Trop, c’est un festival à taille humaine
  • Un public cool, mélangé, bienveillant
  • Zéro posture, zéro concours de c’est qui qu’a la plus grosse
  • Une ambiance où tu peux voir un monument vivant sans te faire écraser la rate ni expliquer ta discographie à un mec bourré

Oui, ça fait bizarre de se dire qu’on a l’âge des vieux autour.

Oui, on a mal au dos.

Oui, on est nez à nez avec nos 16 ans et un coup de pelle en plus derrière les oreilles.

Mais on est là.

Debout.

Et on chante quand même.

En 2024, j’y ai vu The Human League, Patti Smith et Soft Cell.

En 2025, Iggy Pop et The Stranglers m’ont rappelé pourquoi je continue d’aller dans des fosses malgré mon âge mental responsable.

Et maintenant ?

10 ans du festival.

THE B-52’S. À CÔTÉ DE CHEZ MOI.

Je le répète lentement pour que mon cerveau imprime :

THE. B-52’S. À. 20. MINUTES. DE. MA. PORTE.

Le groupe qui a rendu la new wave joyeuse, sexuelle, bizarre et dansante sans jamais devenir con.

Les mecs (et les meufs) qui ont prouvé qu’on pouvait être arty, fun, kitsch, queer, intelligent et populaire en même temps, sans finir en pub pour une box internet.

Et je vais les voir.

Sans train de nuit.

Sans hôtel.

Sans vendre un rein.

CHECKS DE RÉALITÉ

  • Rock Lobster sans ironie
  • Débilité rythmique intacte
  • Synthés mutants qui n’ont pas vieilli
  • Danser comme une idiote assumée à plus de 50 ans
  • Chanter sans savoir si je fais les chœurs ou les onomatopées
  • Avoir l’impression d’être à Athens, Georgia, mais avec une bière tiède de la Somme
  • Me dire : « putain, j’ai failli rater ça ». Et non ! Pas cette fois !

Parce que maintenant, je sais.

Et parce que certains festivals méritent qu’on ravale son snobisme, qu’on admette s’être plantée pendant sept ans, et qu’on se les bouffe en salade avec gratitude.

En plus y a des huîtres (ce qui est héroïque ou irresponsable au choix).

Rétro C Trop, c’était un malentendu.

Pardon.

À l’année prochaine.

Partager