THE CURE : RENDEZ-VOUS SACRÉ À ROCK EN SEINE

The Cure avec Robert Smith à Rock en Seine

The Cure à Rock en Seine le 30 août, avec Interpol et Slowdive : j’ai survécu au Hunger Games de la billetterie et obtenu ma place pour ce qui ressemble déjà au grand sabbat de la mélancolie à Saint-Cloud.

(j’ai survécu au Hunger Games de la billetterie et je suis déterminée comme jamais)

À l’annonce mon cœur s’est arrêté.

J’ai ouvert 24 onglets.

J’ai cassé deux navigateurs.

J’ai failli vendre mon rein droit à un bot serbe.

Mon téléphone a chauffé comme un ampli Fender en plein désert.

Chrome a crashé comme si je lui avais demandé de lancer Ableton sur un grille-pain Lidl.

Mais finalement : J’AI EU MA PLACE POUR THE CURE À ROCK EN SEINE.

Et là, soyons honnêtes deux secondes.

Je passe ma vie à démonter des programmations de festivals qui ressemblent à des playlists Spotify générées par un hamster sous Lexomil.

Mais Rock en Seine… cette année… vous avez pas failli.

Le 26, un bloc hip-hop/expé qui tient debout. C’est pas mon truc mais c’est cohérent.

Le 28, Nick Cave dans un écrin noir parfaitement huilé.

Le 29, un triptyque nerveux Deftones / Turnstile / Amyl and The Sniffers qui devrait être classé monument national.

Et le 30 août…

Le Sabbat.

The Cure.
Interpol.
Slowdive.

Trois cavaliers de la mélancolie amplifiée.

Si tout va bien ce jour-là, c’est le jour où Saint-Cloud va se transformer en cathédrale de la dépression sous strobos doux.

À ce stade, Rock en Seine peut mettre autour :

  • Garrix
  • Bigflo
  • un DJ Pamplemousse Sunset Set
  • un rasta blanc qui fait des claquettes
  • un village développement personnel sponsorisé par un yaourt aligné chakra

Je m’en fous.

J’ai rendez-vous avec Robert Smith.

Le seul homme capable de :

  • me briser le cœur avec trois notes
  • me recoller l’âme avec un refrain
  • me rappeler que j’ai pleuré sur mon bol de Chocapic en écoutant Disintegration
  • me dire inlassablement que même les bizarres, les mal foutus, les fatigués du monde ont la permission – l’obligation même – de lever la tête

Sur scène, The Cure c’est presque cinq décennies d’émotions compressées.

Des mélodies qui sentent la pluie anglaise et les romances mal rangées.

Une basse qui marche droit comme un soldat triste.

Des morceaux qui te refont vivre toute ta vie en accéléré.

Je viendrai pour lui.

Ils peuvent mettre du flan autour, j’ai un tunnel auditif qui ne s’ouvrira qu’au moment où Robert dira « Hello ».

Je serai là.

Frontale allumée.

Cœur fragile.

Prête à pleurer sur Pictures of You comme si j’avais 19 ans, deux drames amoureux à la minute et une vie merdique mais assumée devant moi.

Et surtout, dans une marée de flans qui ont acheté les billets pour se montrer (j’en ai des frissons d’angoisse), je vais croiser les fans de Cure hardcore.

  • Le fan Cure qui t’explique que Disintegration est surcoté mais que toi tu peux pas comprendre parce que Faith en 81 à Bruxelles c’était autre chose.
  • Le fan Cure qui compte les secondes entre deux accords et te dit que « non, là Robert a ralenti de 3 bpm ».
  • Le fan Cure qui ne va plus aux concerts mais sait exactement pourquoi ceux d’aujourd’hui sont moins bien.
  • Le fan Cure qui pleure mais de manière plus légitime que toi.
  • Le fan Cure qui déteste tout ce qui est sorti après 1989 mais continue à acheter les billets.
  • Le fan de Cure qui est là depuis toujours et qui fait que The Cure est devenu un groupe légitime, intouchable, respecté.

Et je m’incline.

Prépare-toi Paris.

Je viens.

Et je n’oublierai rien.

Ni le prix du billet.

Ni l’attente.

Ni cette hérésie moderne qui consiste à monétiser le premier rang comme si la fosse était un open bar pour riches.

Jamais de la vie, fils de flans premium.

Ni la rage.

Ni la victoire.

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