MARTIN DUPONT ET DEAR DEER, RENCONTRE DU TROISÈME TYPE
(Le genre de line-up qui fait dire à l’univers : tiens, mélangeons la soie et le papier de verre, ça va faire un concert)
Samedi 13 décembre, Martin Dupont joue au Bal Chavaux (La Marbrerie) à Montreuil avec Dear Deer.
Je suis joie.
Celle où tu sais que tu vas voir deux trucs complètement opposés, mais complémentaires comme un couteau et une plaie.
L’un te glace.
L’autre t’allume.
Et toi, au milieu, t’es juste un organisme soumis.
Martin Dupont, c’est le plus beau mensonge de l’histoire de la cold wave française.
Rien dans leur nom ne prépare au choc.
Ça sonne assureur mutualiste, feuille d’imposition, relevé d’identité bancaire.
Et pourtant… ça finit remixé par les Américains les plus stylés du game.
Ils reviennent d’ailleurs d’une tournée américaine.
Pourtant à l’origine (Marseille, 1982), ils arrivent comme des fantômes polis dans une scène plutôt rock ou punk.
Sur scène, tu t’attends à un type qui fait du Sudoku en charentaises.
Et tu te prends un darkwave élégant, minimaliste, noir.
Séparés en 1987.
Puis ressuscités par la scène américaine (New York en premier), remixés, réédités, reprogrammés.
Martin Dupont a retrouvé une vie près de vingt ans après la dissolution du groupe.
Parce qu’ils ont ce que les États-Unis rêvent parfois de produire : une cold wave raffinée, sans ironie, sans pose, sans excès.
Juste une atmosphère.
Résultat : des années après leur séparation en 1987, des artistes américains tombent dessus, hallucinent, et les remixent — dont un protégé de Kanye West.
Et ils tournent aujourd’hui avec le statut de groupe culte.
Je les ai d’ailleurs déjà vus plusieurs fois : à Lille, à Paris.
Et maintenant, cap sur Montreuil où ils partagent l’affiche avec Dear Deer.
Dear Deer, c’est le groupe lillois qui produit actuellement l’un des meilleurs électro-punk d’Europe.
En étant deux.
DEUX.
Claudine et Federico, c’est l’alchimie parfaite.
Elle : féline froide, élégance en biais, basse tranchante, voix venimeuse.
Lui : guitariste-sorcier, boîte à rythmes possédée, groove martial, présence apocalyptique avec option paillettes.
Ensemble, ils forment Dear Deer.
Un duo né à Lille mais dont le son ne vient ni du Nord ni du Sud.
Il vient d’un endroit entre la cave berlinoise, le cabaret dégénéré et un laboratoire où les machines ont appris à être insolentes.
Sur scène, Dear Deer, c’est :
– disco glauque
– danse punk
– élégance tordue
Ils ont tourné avec tout ce que la scène alternative européenne compte de mieux.
Ils passent autant dans les clubs underground que dans des festivals.
Et ils débarquent à Paris avec leur dernier album.
Donc de la matière fraîche pour ceux qui les suivent depuis longtemps.
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