THE PSYCHOTIC MONKS, NOISE OPTION TRANSE CHAMANIQUE

(Comment je suis repartie de là en voyant ma propre âme me faire coucou)

Faut que je vous raconte The Psychotic Monks.

Je suis allée les voir sans connaître.

J’ai pris.

J’ai fermé ma gueule.

Parce qu’après un concert de ces oiseaux-là, t’es collée au sol, les yeux dans le vide, en train de réviser tes traumas.

C’est leur superpouvoir : la déflagration introspective.

En novembre 2024, j’y suis retournée.

Je n’avais toujours pas compris ce qui m’était arrivé la première fois, sur les recommandations lumineuses du chroniqueur Yannick Blay, oracle certifié du chaos.

La première rencontre, au File7 (à deux pas de Disneyland, ce qui rend l’expérience encore plus absurde), m’a mis un aller-retour dans la face.

La seconde, au festival Les Rêves font du Bruit, a confirmé : ce n’était pas un accident, c’était eux.

En gros, The Psychotic Monks, c’est ce qui arrive quand quatre personnes décident que la musique est un exorcisme collectif.

Formés en région parisienne en 2015, ils ont fait ce que peu de groupes osent : couper les freins, jeter la clé, et accélérer dans un tunnel noir en laissant les spectateurs gérer leurs propres visions.

Faire de l’expérimental qui te désemboîte les molaires et t’arrache un bout de cortex dans le processus.

Et sur scène, c’est impossible à décrire :

– du noise qui te fait vibrer les os
– du post-punk sans consensus
– du psyché qui n’a jamais pris de LSD mais qui voit quand même des trucs
– des montées de tension façon lugubre messe de minuit
– et des explosions qui ressemblent au moment où tu décides de changer de vie au milieu d’un riff

Parfois ça hurle.

Parfois ça susurre.

Toujours ça attaque.

Le groupe joue contre quelque chose.

Contre la tiédeur.

Contre l’ordre.

Contre la musique qui sent la moquette propre.

Contre la connerie, la violence et l’intolérance en général.

Avec eux, tout devient rite, transe, bascule.

Et il y a Artie, chanteuse, guitariste, magnifique créature.

Elle te surplombe.

Elle te toise.

Elle te transperce.

Sa voix me brise l’âme.

Son allure me fascine.

Sa posture dit clairement : venez comme vous êtes.

Et le groupe le dit d’ailleurs : ils défendent les droits humains, la liberté d’être soi, et militent pour que les concerts soient des safe spaces absolus.

Mais avec une grosse disto dans la gueule.

Et parfois une trompette.

Parce que pourquoi pas.

C’est simple : on ne voit pas un concert, on assiste à un passage.

On passe à l’état gazeux tant la transe est folle.

The Psychotic Monks montent sur scène comme d’autres montent sur un ring.

Ils changent de place.

Échangent leurs instruments.

S’écroulent.

Murmurent.

Explosent.

Recollent les éclats.

Et repartent.

À la fin, le public est deux fois plus fatigué qu’eux.

Personne n’applaudit normalement : on respire d’abord.

On revient au monde.

Ils fascinent.

Ils dérangent.

Ils convertissent.

Ils font partie des groupes français qui ont remis le chaos au centre du village.

– parce qu’ils ont une vision scénique que personne d’autre n’a
– parce qu’ils refusent la facilité comme d’autres refusent les impôts
– parce que chaque concert est un combat spirituel entre la beauté et le bruit
– parce qu’ils génèrent des réactions primaires (silence, cris, larmes, parfois tout en même temps)
– et parce que quand tu les croises dans un festival, tu fais ce que tu as fait :

t’arrêter net, les regarder, et comprendre d’un coup que tu viens de voir un ovni.

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