POURQUOI JE RETOURNE VOIR DITZ POUR LA CINQUIÈME FOIS À L’ÉLYSÉE MONTMARTRE

(et pourquoi je décide ou non de retourner voir un groupe)

Tout a commencé dans la fumée du Zénith de Paris en 2024. Première partie d’IDLES.

Zéro repères. Zéro infos. Juste Joe Talbot qui les recommande bruyamment. Au loin je perçois une silhouette, un grain nerveux, un mur sonore filtré par l’acoustique bassophobe du lieu.

Et pourtant, même de loin, même flou, même pauvre en hertz utiles, j’ai flairé un truc.

Puis il y a eu Troyes au festival Nos rêves font du bruit. Moins 300 degrés ressenti. Une salle où les gens gèlent à vue d’œil et où les groupes transpirent en intérieur.

J’ai enfin mis des visages sur le bordel. Et une chose m’a frappée : la qualité du set, et le fait que DITZ est un groupe qu’on doit voir de près.

Ce soir-là, j’ai aussi compris que Francis n’était pas juste un chanteur. C’est un type qui te regarde comme si tu étais personnellement responsable de la fonte des glaces, du prix du gaz et de ta propre névrose.

Et j’ai attribué à Sam, le batteur, le record mondial de disparition textile. En doudoune dans la rue. Torse poil sur scène quatre secondes plus tard. Je n’ai toujours rien compris à la transition. Il y a des lois de la physique. Et il y a Sam.

Depuis Troyes, j’ai fait ce que toute personne saine fait quand elle tombe sur un groupe qui joue comme si la fin du monde devait sonner juste : je suis revenue.

Troisième fois : Aéronef.

Joli chaos. J’ai commencé rang 2, j’ai fini propulsée je ne sais où, j’ai perdu deux litres d’eau, et j’ai décidé que j’avais l’âge des douleurs mais pas celui de renoncer.

Puis j’ai attendu le nouvel album d’Angleterre via Resident Record. Payé 16 balles de douane (Brexit à la con). Reçu un sapin qui pue pour la voiture. Et j’ai pensé qu’ils auraient dû appeler l’album Never Inhale.

Je leur ai dit. Ils n’ont pas ri.

J’espère que Brighton m’a pardonnée l’humour français.

Quatrième fois : résidence à Lille.

Et là, j’ai vu le changement. Les morceaux pas encore secs. Les nouveaux tempos qui cherchent. Les textures en construction.

Le set qui bascule entre l’ancien monde et le nouveau. La tension dans les épaules.

Le risque. Le courage. Les doutes qui transpirent autant que l’huile de coude.

Moi, je m’incline quand ça tremble. Quand c’est fragile. Quand c’est beau sans être lisse.

Et ce soir-là, en plein cœur du triangle basse batterie guitare, j’ai compris pourquoi je reviens.

Cinquième fois donc : Élysée Montmartre.
Vendredi 21 novembre 2025.

Je viens voir la suite. Le chaos digéré. Ou pas. Peu importe.

J’aime pas les groupes parfaits.

J’aime ceux qui avancent, qui creusent, qui doutent, qui cognent.

J’aime ceux qui font des concerts où tu rentres entière et tu ressors démontée en version améliorée.

DITZ fait partie de ces rares-là.

À vendredi les gars.

Et Sam, je chronomètre ton tee-shirt.

PS : Merci encore à Jacky de Brighton pour le désodorisant de voiture légendaire glissé dans mon colis de merch.
Il sent toujours le Brexit et les amplis en PLS. Un trésor.

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