QUEENS OF THE STONE AGE AU CABARET VERT : LE DÉSERT EN CHEMISE À CARREAUX
Queens of the Stone Age au Cabaret Vert : Josh Homme, Mikey Shoes, Jon Theodore et un concert filmé par ARTE
Je les ai vus à Bercy il y a deux ans.
Mon gilet est tombé pendant Song for the Dead et je n’ai jamais pu le récupérer. J’ai écrit au groupe pour réclamation. Pas de réponse.
Song for the Dead. À entendre une fois dans sa vie. Meilleure intro de l’histoire. Le genre d’intro qui te broie la cage thoracique à coups de batterie. Écrite par Dave Grohl. Aujourd’hui envoyée par un Jon Theodore au sommet de sa puissance contenue, un peu groovy.
Et là, Cabaret Vert. Soleil tombant. Pas de fosse furieuse cette fois. Mais des retrouvailles.
J’aime ce groupe. Y’a rien à faire.
QOTSA, ce n’est plus un line-up. C’est une sensation. Une température intérieure. Une forme d’aridité douce, comme une route californienne qu’on n’a pas prise depuis longtemps mais qu’on reconnaît dès les premiers mètres.
C’est Josh Homme. Évidemment. Sa voix. Sa silhouette massive. Son groove lent et fataliste. Ce mec pourrait te lire les impôts fonciers en te donnant envie de mourir d’amour. Il ne court pas. Il avance. Il ne joue pas. Il incarne.
À ses côtés
- Michael Shuman, dit Mikey Shoes. Le bassiste le plus sexy, cool et branleur de l’ouest du Mississippi. Il est là, il ondule, et il tue.
- Troy Van Leeuwen, éternel prince gothique, qui distille des nappes de guitare comme on balance de l’encens dans une crypte.
- Dean Fertita, discret mais indispensable derrière les claviers, qui shoegaze tout ça sans faire de bruit.
- Jon Theodore, l’horloge rituelle. Chaque frappe est une cloche. Il balance No One Knows comme si c’était un rite de passage.
QOTSA, c’est la classe américaine sans le patriotisme. C’est le rock sans testostérone forcée. C’est la sensualité de ceux qui n’ont rien à prouver.
Tu regardes Josh et tu as juste envie de t’asseoir à côté de lui, face au Grand Canyon, et de parler de la vanité humaine en buvant une bière chaude. C’est ça. Queens of the Stone Age sur scène.
CHECKPOINT
- Un gars a passé le concert à galocher sa meuf. Je n’avais pas signé pour ça dans mon angle de vue.
- Mikey Shoes a tourné la tête dans ma direction (ou vers le tas de gens collés autour de moi, détail). Je l’ai pris pour moi. J’ai fondu.
- Josh : impérial. Toujours. Même comprimé au centre de la scène.
- Le concert était filmé par ARTE. Donc scène réduite, placements contraints, moins de marge pour déconner. On les a sentis un peu cadrés, moins naturels.
- Mais quand Little Sister ou Go with the Flow arrivent, tu oublies tout.
- Et tu te souviens que tu aimes ce groupe comme on aime les gens qu’on n’a jamais vraiment quittés.
- J’ai fait une photo avec Spider-Man bourré. Et ça, c’est classe.
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