WET LEG AU CABARET VERT : la vengeance du short trop court

Wet Leg en concert au Cabaret Vert avec Rhian Teasdale et Hester Chambers.

Wet Leg au Cabaret Vert : indie pop acide, guitares qui grincent et fausse nonchalance parfaitement maîtrisée

Je les avais entendues de loin à Beauregard. Un espèce de truc hybride, un peu pop, un peu vénère, un peu en slip, qui braillait dans le vent normand. J’ai voulu voir de près. Et j’ai bien fait.

Parce que Wet Leg, c’est un piège à la con : tu arrives en pensant voir un groupe de meufs cools et un peu arty, tu en ressors avec des échardes dans les tympans et un grand sourire de sale gosse.

Wet Leg, c’est quoi ? Un duo formé sur l’île de Wight par deux Anglaises à humour tranchant et mélodies grinçantes : Rhian Teasdale et Hester Chambers.

Style musical de Wet Leg

  • Indie pop vénéneuse
  • Post-punk bubblegum
  • Slack-pop hargneuse
  • Grunge ironique à frange droite
  • Britpop sous anxiolytiques

Ce sont des meufs qui balancent des refrains catchy comme des bonbons empoisonnés, avec des paroles absurdes ou tranchantes, sur des guitares qui grincent façon garage band un peu sale. C’est dansant, c’est moqueur, c’est un peu branleur mais jamais vide.

C’est la bande-son des filles qui ont trop vu Virgin Suicides et acheté une pédale de fuzz.

Ajoute une section rythmique en short de randonnée, des riffs de guitare qui font plus penser à The Breeders qu’à Christine and the Queens, et un goût très sûr pour les fausses naïvetés qui finissent en gifle.

Oui c’est de la pop. Mais version acide. Ironique. Qui sait exactement où ça fait mal.

Sur scène, c’est le contraste qui t’électrise. La chanteuse, Rhian, est une bombe atomique. Pas au sens calibré Instagram : au sens « séduction punk sous acide », mini-short + œil qui dit « viens-y voir » pendant que sa voix te découpe au scalpel.

Elle minaude pour mieux t’égorger. Elle fait de la séduction une arme. Elle balance son cul comme une provocation, et si tu mates, t’es foutu. Ce n’est pas un appel, c’est un avertissement. Et si tu oses commenter la taille de son soutif, elle t’arrache la tête et elle fera une chanson avec.

À côté, sa comparse Hester planque son aura comme si elle voulait disparaître dans ses mèches. Mais elle tient la baraque.

Et les trois gars qui les accompagnent ? Des ours. Littéralement. Trois barbus lunaires en short et chemisette, entre profs de techno et musiciens de country en short de plage.

Ça groove. Ça gratte. Ça a l’air de s’en foutre et pourtant ça tabasse. C’est fun, bordélique, rageur.

Un peu comme si les Spice Girls avaient baisé avec Pavement pendant un concert de Bikini Kill, et qu’on en avait tiré une chanson sur l’ennui, les pervers et les soirées de merde. Et ce serait dansant.

CHECKS

  • Entendre Wet Leg à Beauregard et se dire « c’est quoi ce cirque ? »
  • Décider d’enquêter et aller voir au Cabaret Vert
  • Applaudir une chanteuse sexy et dangereuse qui t’explose au sarcasme
  • Repérer trois ours polaires en backing band et une Hester incognito
  • Sauter comme une idiote sur Chaise Longue sans culpabilité
  • Accepter qu’un groupe fun puisse être féministe, vénère et drôle à la fois

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