DEFTONES : LES ECCHYMOSE, PAS LA TESTOSTERONE
(ou comment perdre sa dignité en criant CHINOOOOO comme une possédée)
English translation below
Deftones traînent une étiquette lourde : grosse machine américaine, riffs pour stade, machinerie huilée.
Mais c’est une illusion.
Derrière les murs de guitares, il y a Chino Moreno — un homme qui voulait juste faire de la musique triste dans une cave en écoutant The Cure. Il suffit d’écouter le side project Crosses pour le ressentir. Et Chino apporte à Deftones ce truc mélancolique et lancinant même derrière un mur de disto.
Deftones, c’est le spleen à coup de basse dans ta gueule.
Et Deftones est un groupe mal compris. Encore. Toujours.
Coincés entre l’étiquette néo-metal pour garçons tristes et la case gros son pour ados en baggy, ils traînent une réputation de virilité saturée qu’ils n’ont jamais revendiquée.
Parce que Deftones, c’est pas la testostérone, c’est l’ecchymose. C’est pas un cri de guerre, c’est une plainte déformée.
Ce qu’ils balancent, ce sont des pulsions troubles, du sexe sous morphine, des visions tremblantes, des bains digitaux où tu te noies. Et si tu grattes un peu sous la disto, tu tombes sur un truc bien plus dérangeant que du néo-metal : une poésie morbide, érotique, vénéneuse. Une zone trouble entre désir, douleur et hallucination.
Néanmoins, ils ne sont pas arrivés en cercueil à roulettes mais en courant, avec une précision chirurgicale et des sneakers.
Chino a ouvert Be Quiet and Drive comme on jette un sort, et c’était terminé pour nous.
On a pris un bus dans la tronche. Avec la remorque. Et sans frein.
Le son était massif mais jamais écrasant. C’était intense.
Et oui : on a tous perdu notre dignité à un moment donné.
Car Chino est sexy as fuck. Et je suis prête à débattre sur ce point précis si besoin.
CHECKS – ÉDITION PUTAIN MAIS C’ÉTAIT PARFAIT
- Chino a hurlé, j’ai hurlé, tout le monde a hurlé
- Prestation millimétrée sans perdre l’âme
- Grosse machine habitée par un romantique en furie
- Mention spéciale à la voix, au mouvement, à la tempête contenue
- Setlist sans faute, pas un titre en trop
- Les murs ont tremblé, les cœurs aussi
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