ROCK EN SEINE : LES MARQUES SONT MIEUX SIGNALÉES QUE LES CHIOTTES

Sponsors et signalétique à Rock en Seine 2026 à Saint-Cloud

Rock en Seine 2026 : à Saint-Cloud, les sponsors occupent tellement le paysage que les festivaliers finissent par inventer eux-mêmes des scènes Pampers et Buitoni

Bon.

Je viens d’arriver à Rock en Seine.

J’ai raté Ecca Vandal parce qu’avant même d’entrer j’avais déjà dû gérer une station-service, deux parkings, une heure de marche évitée de justesse et un bref doute existentiel concernant le câble de ma batterie externe.

Rock en Seine n’avait encore rien fait.

C’était moi qui avais commencé sans eux.

Puis je suis entrée.

Et très rapidement, quelque chose m’a frappée.

Les marques.

PUTAIN LES MARQUES.

Il y en a partout.

Generali.

BoursoBank.

AXS.

Volkswagen.

RATP.

Lidl.

À un moment, je me suis demandé si j’étais arrivée dans un festival ou sur une étape du Tour de France.

Avec de la paille.

Parce qu’il y a aussi de la paille partout.

Après avoir été panée à Alcatraz et transformée en grande saucisse sous plastique rouge au Cabaret Vert, je termine donc mon été festivalière dans une sorte de litière géante sponsorisée.

La géologie de ma saison est désormais complète.

Les marques, elles, sont très faciles à trouver

Je cherche Dry Cleaning.

Je passe une scène.

Une autre.

Toujours pas Dry Cleaning.

En revanche, je sais parfaitement où sont Volkswagen, BoursoBank, AXS et Generali.

Puis j’ai eu envie de pisser.

Et là j’ai compris quelque chose :

À ROCK EN SEINE, LES MARQUES SONT MIEUX SIGNALÉES QUE LES CHIOTTES.

BoursoBank, tu peux le lire à 800 mètres.

Les WC, faut mener l’enquête.

J’ai fini par les trouver.

Entre-temps, quatre personnes m’ont reconnue grâce au tutu rouge. Des followers m’ont même offert une bière.

Ce qui constitue pour l’instant le modèle économique le plus sympathique rencontré sur le site.

Et surtout, plusieurs personnes m’ont spontanément parlé de la même chose : elles aussi trouvent qu’il y a beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP de pub.

Au point que les festivaliers ont commencé à inventer leurs propres scènes.

— Y a la scène Pampers.

— Buitoni.

Très bien.

À 15 h et quelques, le public créait déjà des sponsors supplémentaires parce que manifestement Rock en Seine n’en avait pas mis assez.

Generali est là. Oui. J’avais remarqué.

J’ai finalement trouvé Dry Cleaning.

Scène BoursoBank.

Je me suis installée.

Le concert va commencer.

Petit son de synthé.

Ça y est.

Musique.

Et sur l’écran géant : GENERALI EST LÀ, ICI ET MAINTENANT.

Oui.

J’AVAIS REMARQUÉ.

Lidl possède son propre espace.

Enfin « espace ».

LIDL A BÂTI UN PUTAIN DE COMPLEXE IMMOBILIER.

Il y a une terrasse. Un étage. Des parasols. Une tour avec le logo visible depuis probablement Orléans.

À ce stade, je ne serais pas surprise d’apprendre qu’ils délivrent des permis de construire.

Generali a des espaces.

Volkswagen a une scène.

AXS a une scène.

BoursoBank a une scène.

Et les publicités passent sur les écrans juste avant les concerts.

À Rock en Seine, les marques assurent les premières parties

Donc première conclusion après une petite heure sur place :

À ROCK EN SEINE, LES MARQUES NE SPONSORISENT PAS LE FESTIVAL.

ELLES ASSURENT LES PREMIÈRES PARTIES.

Bon.

Maintenant est-ce que Dry Cleaning peut jouer ?

Merci.