EX TENEBRIS LUX 2026 : ILS ONT PRIS MONTPELLIER ET ONT ÉTEINT LA LUMIÈRE POUR OUVRIR LES TÉNÈBRES

Ex Tenebris Lux 2026 festival metal et cultures sombres à Montpellier

Ex Tenebris Lux 2026 à Montpellier : un mois de metal, hardcore et cultures sombres dans des lieux atypiques, d’une ancienne chapelle à l’Opéra Comédie

(ou comment mettre du black metal dans une ancienne chapelle, du hardcore au milieu et finir Halloween à l’Opéra est devenu un projet culturel parfaitement défendable)

Bon.

Du 2 au 31 octobre 2026, à Montpellier, il va se passer quelque chose d’un peu particulier.

Ça s’appelle EX Tenebris LUX.

Et non : ce n’est pas exactement un festival comme les autres.

Il n’y a pas un champ, trois scènes, un camping où quelqu’un cherche sa tente depuis jeudi et un type qui vend une barquette de frites 14 euros parce qu’il a posé trois copeaux de parmesan dessus.

Et encore moins des meufs qui posent sur des spots pour Insta.

Ici, le terrain de jeu, c’est les coins sombres de Montpellier.

Pendant un mois.

Derrière le bazar, il y a l’association What the Fest, créée à Montpellier en 2015 et qui organise toute l’année concerts et événements autour des scènes alternatives et underground.

Ex Tenebris Lux est devenu son gros morceau automnal : un mois de cultures sombres et métalliques dans des lieux atypiques et mythiques.

Un festival, mais éparpillé dans la ville

Le principe est simple : investir des salles de musiques actuelles mais aussi des lieux patrimoniaux dont l’architecture, l’acoustique et l’histoire deviennent une partie de l’expérience.

Parmi eux, la Maison des Chœurs, installée dans l’ancienne chapelle Saint-Charles.

Évidemment.

Parce que si vous avez sous la main une ancienne chapelle et du black metal psychédélique finlandais, je ne vois pas très bien pourquoi vous vous priveriez.

C’est du bon sens municipal.

Acte VIII : neuf rendez-vous et aucune volonté de se calmer

En 2026, Ex Tenebris Lux arrive à son Acte VIII avec neuf rendez-vous et une programmation internationale, nationale et locale.

Le machin part un peu dans tous les sens.

Mais avec méthode.

✅ Le 2 octobre, ouverture à Victoire 2 avec les Grecs de 1000MODS.

✅ Le 8 octobre, La Vista, ciné-concert Breaking Bad.

✅ Les 10 et 11 octobre, États Généraux du Metal avec rencontres, conférences, stands et concerts, notamment The Great Old Ones, Viande, Hexis et Violence.

Et parce qu’un colloque sur le metal peut manifestement terminer en kermesse infernale, le dimanche sera familial avec les Puces Hell, une brocante metal, un Metal for Kids avec Smash Hit Combo et un Bingo Metal.

Papa discute de l’avenir de la filière pendant que Junior prend Smash Hit Combo dans la tronche.

J’approuve l’organisation familiale.

✅ Le 17 octobre, à l’Antirouille, soirée hardcore avec In Other Climes, Cold Stress et Nothing From No One.

In Other Climes, c’est plus de vingt ans de hardcore/thrashcore et des tournées à travers le monde. Cold Stress représente une génération beaucoup plus récente du hardcore français. Nothing From No One ajoute la couche de hardcore métallique lourd.

Ça devrait être délicat.

Puis on entre dans l’église

✅ Les 28, 29 et 30 octobre, trois soirées investissent la Maison des Chœurs, ancienne chapelle désacralisée.

Le 28 : Verdun, Livgone et Mütterlein.

Le 29 : Oranssi Pazuzu et MùR.

Le 30 : Messa, The Night Eternal et Nero Kane.

Oranssi Pazuzu, notamment, ce sont les Finlandais qui font du black metal psychédélique comme si quelqu’un avait ouvert une porte cosmique qu’il aurait probablement mieux valu laisser fermée.

Ancienne chapelle mercredi.

Black metal psychédélique jeudi.

Doom vendredi.

Week-end normal à Montpellier.

Dark Halloween à l’Opéra

✅ Le 31 octobre, tout le monde finit à l’Opéra Comédie pour le Dark Halloween.

Corto Malaise, Kill Your Boyfriend et Horse Gives Birth To Fly, performances, mapping, arts divinatoires, créatures de la nuit, dancefloor, philtres, potions et dégustation d’insectes.

Je n’ai pas de question.

Enfin si.

J’en ai plusieurs.

Mais nous verrons sur place.

Les précédentes éditions ont affiché complet. Je vous conseille de vous magner le tronc.

Pourquoi je vous parle d’eux

Parce que derrière ce joyeux bordel, il y a une ligne.

Ex Tenebris Lux se revendique indépendant, fabriqué avec beaucoup de DIY, peu de moyens et une petite équipe qui préfère défendre des projets plutôt que fabriquer du marketing autour.

Et ils disent quelque chose d’assez rare pour être relevé : ils ne veulent pas lisser les cultures sombres pour les rendre plus faciles à consommer.

Ils veulent en préserver la liberté, l’étrangeté, la radicalité, mais aussi le goût du beau, du rare et de l’inattendu.

Et finalement, tout le festival est là-dedans.

Une ancienne chapelle, du black psychédélique, des États Généraux du Metal, une soirée hardcore et des créatures dans les dorures de l’Opéra.

Ce n’est pas empiler des groupes.

C’est défendre une certaine idée de ce que peuvent encore être les cultures alternatives quand on ne cherche pas à les rendre présentables.

Et ça, forcément, ça m’intéresse.

Et si quelqu’un se demande encore ce que signifie Ex Tenebris Lux : « Des ténèbres (jaillit) la lumière. »

Ils ont visiblement décidé de commencer par les ténèbres.

On verra pour la lumière plus tard.