BREAKING FOSSE #13 – VIVE LA FÊTE – LOKERSE FEESTEN 2026<
Chronique du concert de Vive La Fête aux Lokerse Feesten 2026 en Belgique : Danny Mommens, Els Pynoo, synth-pop, new wave et scène belge.
(Ou comment deux Flamands ont réussi à rendre la new wave heureuse sans la rendre idiote.)
Je les avais vus il y a un an au Black Lab. J’étais ressortie en nage.
J’avais écrit qu’ils avaient transformé Lille en sauna électro.
Je pensais savoir à quoi m’attendre au Lokerse Feesten.
J’avais tort.
Parce que Vive La Fête possède une qualité extrêmement rare.
Ils donnent toujours l’impression que c’est la meilleure soirée de leur vie.
Et ça, ça ne se fabrique pas.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore le phénomène…
Imaginez deux Flamands qui décident, à la fin des années 90, de chanter… en français.
Pas parce qu’ils parlent mieux français.
Non.
Parce que cette langue leur permet de raconter plus facilement des absurdités sexuelles, poétiques et complètement décalées.
Bienvenue chez Vive La Fête.
À ma gauche : Danny Mommens, ancien bassiste de dEUS pendant la période The Ideal Crash, cofondateur de Vive La Fête avec Els Pynoo. L’un des musiciens les plus élégamment sous-estimés de la scène belge.
À ma droite : Els Pynoo. Ancienne top model pour de vrai. Égérie de Karl Lagerfeld. Qui a pourtant décidé d’envoyer balader le monde de la mode pour monter un groupe de pop-trash complètement chelou avec un bassiste de dEUS.
Rien que pour ça, j’ai déjà du respect.
POURQUOI ÇA MARCHE ?
Ce qui m’impressionne chez Vive La Fête, c’est qu’ils marchent sur une ligne de crête.
Objectivement…
Si je vous explique le concept, ça ne devrait jamais fonctionner.
Des synthés très années 80.
Des paroles absurdes.
Des textes qui parlent de maquillage, de sexe, de désir, de choses complètement improbables.
Une esthétique kitsch assumée.
Des refrains ultra pop.
Et pourtant…
Ce n’est jamais ringard.
Jamais.
Pourquoi ?
Je crois que j’ai enfin compris.
Parce qu’ils ne se moquent jamais de leur musique.
Ils jouent chaque morceau comme si leur vie en dépendait.
Avec une interprétation au cordeau.
UNE MACHINE DE SCÈNE
En live, ils sont cinq.
Et bordel… Quelle machine.
Danny pilote tout sans faire de bruit, avec la tête très dEUS du gars qui n’a pas dormi depuis 1998.
Le bassiste, immense, mouline comme un forcené.
Le batteur cogne comme si la Belgique jouait une finale.
Le clavier envoie ses séquences avec énormément de conviction.
Et Els…
Danse.
Court.
Harangue.
Séduit.
Commande.
Impossible de quitter cette femme des yeux.
LE MIRACLE VIVE LA FÊTE
Le public ?
- Des jeunes.
- Des vieux.
- Des gothiques.
- Des gens en chemise hawaïenne.
- Des amateurs de synth-pop.
- Des punks.
- Des gens qui ne ressemblent à rien de particulier.
Et tout ce petit monde danse ensemble.
C’est probablement ça, le miracle Vive La Fête.
Réussir à transformer des gens qui ne devraient jamais partager une piste de danse… en une seule et même fête.
Je continue de penser que Vive La Fête est un immense malentendu.
Les puristes new wave les trouvent trop disco.
Les amateurs de disco les trouvent trop bizarres.
Les rockeux les trouvent trop électro.
Les électros les trouvent trop rock.
Parfait.
Ils emmerdent absolument tout le monde.
Ils sont donc exactement là où ils doivent être.
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