GRAUZONE FESTIVAL : JE CROIS QU’IL EXISTE UN ENDROIT OÙ LES GENS S’HABILLENT EN NOIR PAR CHOIX ESTHÉTIQUE ET AUSSI PARCE QU’IL FAIT FROID

affiche Grauzone 2027

(ou comment La Haye devient chaque année la capitale mondiale des gens qui trouvent le mot « joyeux » un peu excessif)

Bon.
Il y a les festivals où l’on vient écouter des groupes.
Et puis il y a GRAUZONE.

Là, j’ai l’impression qu’on vient carrément habiter un univers pendant trois jours.
Le festival vient d’annoncer la première vague de son édition 2027. En février. On va se cailler le cul et l’âme.

Parce que franchement…

Quand une affiche commence par She Past Away, Martin Dupont, Night In Athens, Buzz Kull, Iceage, Cold Cave, Laura Krieg, Curses ou The Woman, je comprends immédiatement que personne n’a prévu de chanter Les Lacs du Connemara à 2 heures du matin Et c’est très bien comme ça.

Parce que Grauzone n’est pas un simple festival. Sur son site, il se définit comme un festival interdisciplinaire où se rencontrent musique, cinéma, art contemporain, conférences, performances et culture underground.

En gros… Tu viens voir un concert. Tu ressors trois heures plus tard après avoir traversé une exposition, regardé un film expérimental et assisté à une conférence dont tu ne savais même pas que tu avais besoin.

Je trouve le concept merveilleux. Et surtout…

La programmation ne cherche jamais le nom qui remplit les stades. Elle cherche le groupe dont tout le monde parlera six mois plus tard. C’est exactement le genre de festival que j’aime. Le genre où tu achètes un billet pour trois artistes… et tu rentres chez toi avec douze nouveaux groupes dans ta playlist.

J’aime aussi énormément leur philosophie.

Ils revendiquent depuis des années une programmation mêlant pionniers et nouveaux venus de toute la scène underground : post-punk, coldwave, darkwave, électronique, industriel, psychédélisme, expérimental… Sans se demander si tout ça rentre dans une case. Ça ne rentre pas. Et c’est précisément le principe.

Le plus beau ?

Le festival investit plusieurs lieux du centre de La Haye. Tu passes d’une salle à une autre à pied. Comme si toute la ville avait décidé, pendant un week-end, que la normalité pouvait attendre lundi. Et puisque je commence à bien connaître cette scène… Je peux déjà prédire les observations anthropologiques.

Nous recherchons notamment :

✅ la veste noire absolument identique à celle des 842 autres personnes présentes
✅ le fan de Martin Dupont qui attend ce concert depuis quarante ans et qui reste parfaitement impassible
✅ la personne qui répond « non, je n’écoute pas du goth » alors qu’elle porte exactement la garde-robe complète du goth depuis 1987
✅ le collectionneur de vinyles qui transporte plus de disques que de vêtements
✅ l’individu capable d’expliquer pendant vingt-cinq minutes la différence fondamentale entre coldwave, minimal wave, darkwave, synthwave, deathrock et post-punk… sans jamais reprendre sa respiration

Bref.

Encore un festival qui me rappelle que les meilleures découvertes ne sont pas toujours celles qui occupent les grosses affiches de l’été. Parfois elles arrivent en février. Sous un ciel néerlandais. Entourées de gens habillés en noir. Et ça me va très bien.

Partager