IT IT ANITA M’A DÉBOUCHÉ LE SINUS AU GRAND MIX ET CONFIRMÉ MON ENTHOUSIASME
IT IT ANITA, trio noise et post-hardcore de Liège, revenait au Grand Mix de Tourcoing pour une troisième claque et les nouveaux morceaux de HI HI HA HA. Basse dans les organes, batterie possédée et chaos belge parfaitement organisé.
(ou comment trois Belges sont devenus indispensables à ma discographie alors qu’à la base j’étais juste sur une playlist Good Vibes sur Deezer)
Je suis allée voir It It Anita pour la troisième fois au Grand Mix.
Troisième claque.
Je suis rentrée avec les pieds gonflés, le tympan gauche qui vibrait encore sur l’A1 et l’impression que mon cerveau essayait de sortir par l’oreille. Mais surtout : avec un sourire jusqu’aux oreilles et cette sensation rare d’avoir pris exactement la bonne dose de chaos. J’ai juste dû écouter le best of Bob Marley sur le retour pour faire redescendre la pression interne… thérapie par les graves civilisés.
Et aujourd’hui, depuis le temps que j’en parle, il est temps que je me penche sérieusement sur ce phénomène acoustique.
Parce que je dois avouer un truc : je n’ai pas une immense culture noise.
Je connais mal les codes. Je connais mal l’écosystème. Je suis arrivée là un peu par accident.
Comme souvent dans les meilleures histoires.
IT IT ANITA : d’une playlist Good Vibes au chaos noise belge
Un matin, Deezer m’a balancé leur morceau « Don’t Bend » dans une playlist « Good Vibes ». Ça vous donne l’échelle du « good vibe » chez moi. C’est pas reprise bossa de « Love Will Tear Us Apart ». Nope. C’est plutôt du Killing Joke sans frein.
Bref.
Le morceau commence tranquillement. Tu crois que ça va être sympa. Presque chill même. Mais comme quand un Belge te dit : « ça pique un peu » avant de servir une bière à 14°.
Intro tranquille. Et ça décolle.
Et puis soudain tu réalises que tu es tombée sur un morceau-piège. Le genre de titre qui se colle au cerveau immédiatement.
Tu l’entends une fois. Tu le chantes pendant quatre heures.
Toutes proportions gardées, c’est mon « Tata Yoyo » à moi. Je l’entends. Il me lâche plus. Version : attaque sensorielle belge, sauf que c’est pas honteux.
Donc forcément, quand je vois ensuite qu’IT IT ANITA passe près de chez moi, j’y vais.
Claque.
Je les revois ensuite à Troyes au festival Nos Rêves Font Du Bruit.
Re-claque.
Et là : retour au Grand Mix pour écouter les nouveaux morceaux du dernier album HI HI HA HA en live.
Re re claque.
HI HI HA HA en live au Grand Mix
Je voulais surtout entendre ce que donnaient mes trois chouchous du nouvel album : Beef Up, Social Dodger et Lion Tamer. Merveille. Merveille et merveille. En boucle chez moi.
J’ai vu.
Et franchement : énorme.
J’ai essayé de faire une captation correcte, j’ai voulu mettre sur Insta et je me suis aperçue qu’on entendait que la basse (rapport à mon placement au ras de l’Ampeg). C’est hautement satisfaisant pour moi mais pas représentatif des textures réelles du groupe. Donc je poste pas.
En revanche. Ce que me dit ce concert c’est qu’il est le reflet de ce nouvel album : plus sombre, plus dense, plus tendu.
S’ils me lisent. Ce dont je doute. Ils vont sûrement gueuler parce que je vais employer le mot interdit, mais oui : pour moi ça flirte encore davantage avec quelque chose de post-punk dans les sensations.
Et évidemment : moi je suis joie.
Point fosse : batterie possédée et basse dans les organes
POINT FOSSE
Pour ce concert, j’avais choisi le triangle stratégique : ampli basse à droite, retour basse à gauche et cymbale dans la gueule en face… Le seul endroit correct pour écouter de la musique. Encore que. J’ai quand même un peu mal à la tête ce matin. Mais le sacrifice était nécessaire.
Le groupe toujours aussi physique : batteur habité, bassiste ancré et chanteur ulcéré par le monde moderne.
La vie quoi.
Et alors le batteur… Faut vraiment que j’y revienne parce que je l’ai énormément observé cette fois-ci.
Il est extrêmement physique. Expressif. Puissant. Toujours au ras du sol comme il se doit. Il oscille en permanence entre joie de vivre totale et colère homérique. À un moment il sourit comme un enfant qui vient de découvrir le sucre. La seconde d’après il te regarde droit dans les yeux comme s’il allait déclencher une guerre civile.
Très inquiétant. J’adore.
IT IT ANITA : le noise de Liège à l’état physique
Pour ceux du fond qui ne connaissent pas IT IT ANITA, je précise quand même : c’est un trio belge noise/post-hardcore formé à Liège.
Des morceaux qui avancent comme des machines nerveuses : ruptures rythmiques, tension permanente au chant, textures cheloues à la guitare, basse ultra posée, batterie possédée et énorme sens du live.
Sur disque c’est déjà très bien.
Mais sur scène, ça devient un truc physique.
Tu ne regardes plus vraiment le concert.
Le groupe te traverse.
Et surtout : c’est un groupe profondément humain. Et ça compte aussi.
Parce qu’après le concert les mecs sont toujours adorables. Même quand le pauvre bassiste, de corvée de merch, doit fouiller 45 cartons à la recherche de mon t-shirt bleu taille M.
Respect à lui.
Ils jouent ce soir à La Maroquinerie à Paris.
Et pour la suite :
– 2 octobre : Romans-sur-Isère – La Cordo
– 3 octobre : Annecy – Le Brise Glace
– 9 octobre : Vauréal – Le Forum
Prenez des bouchons. Et éventuellement un scanner cérébral préventif. Mais ça vaut le coup.
Partager


