Retour de fosse
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LaFosseuse
QG OBERKAMPF : LES LATINES ONT PRIS LE CONTRÔLE
(Ou comment Milan et Barcelone ont rappelé à Paris que la musique froide peut brûler très fort)
Le post-punk fait partie des mouvements rock les moins virilistes de l’histoire de la musique.
Pour les plus jeunes, rappel utile : le rock des années 70 était guitar hero, frontman dominateur, mythologie sexuelle. Le post-punk arrive après le punk et dit simplement : on s’en fout de ça.
Dans ce mouvement, on a vu très tôt des femmes écrire, produire, expérimenter, prendre la scène autrement. L’esprit était plus tordu, plus artistique, moins macho que dans beaucoup d’autres coins du rock.
Les femmes ont pu entrer dans la lumière sans s’excuser dâ€™Ăªtre au centre de la scène. Parfois sexy, souvent libres. Pas des faire-valoir pour ces messieurs.
Mais soyons honnĂªtes, 2026 : mĂªme dans ces scènes-lĂ , quand on regarde les plateaux, les studios ou les balances, on tombe encore souvent sur une majoritĂ© de couillus penchĂ©s sur un pĂ©dalier.
Bref. Ça reste quand mĂªme un milieu majoritairement de bonhommes.
Alors forcément, vendredi soir au QG Oberkampf, voir deux femmes tenir le centre de la soirée avait quelque chose de réjouissant.
La Milanaise Numa Echos.
La Catalane Eva, avec Malefixio.
Deux tempéraments.
Deux villes du Sud.
Deux manières très différentes d’habiter la scène.
Darkwave milanaise.
Deathrock barcelonais.
D’abord Numa Echos.
Univers sombre, machines, nappes électroniques, tension new wave.
Un mélange de darkwave, de rock alternatif et d’esthétique presque cinématographique.
Sur scène, elle apparaît presque comme sortie d’un laboratoire darkwave. Corps nerveux, regard intense, gestes précis. Elle pilote ses machines comme un poste de commande, une main sur les synthés, l’autre au micro.
Puis Malefixio.
Et lĂ , changement de climat.
Barcelone entre dans la pièce avec des guitares sombres, une grosse basse bien vénère, une tension gothique et l’héritage deathrock des années 80 bien accroché aux amplis.
Malefixio joue un deathrock nerveux, habité, qui regarde clairement vers la vieille école dark, mais qui respire très bien aujourd’hui.
Au centre du groupe : Eva.
Je l’ai rencontrée bien avant Malefixio, à l’époque de La Peste Negra, son ancien projet catalan. Et ce qui frappe aujourd’hui, c’est l’évolution : une musique plus tendue, une présence encore plus affirmée, et surtout une voix qui a gagné en profondeur.
LĂ oĂ¹ Numa installe une atmosphère, Eva hypnotise. Mais les deux occupent l’espace.
Deux femmes du Sud. Deux univers.
Et vendredi soir, au QG Oberkampf, la nuit était clairement à elles.
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