GOD SAVE THE KOUIGN : TROIS JOURS DE BEURRE, DE VENT ET DE GUITARES MAL ÉLEVÉES

(Ou comment, du 12 au 14 juin, sur la terre du bout du monde appelée Bretagne, on va prendre le vent, le son et le cholestérol de face)

Quelle prog. Chalk pour la rage. White Lies pour le spleen. The Molotovs pour le mordant. TVOD pour la crasse. Maruja pour le chaos libre. Et j’en passe.

J’en connais une qui fait des tableaux Excel pour filer en juin dans le Finistère.

La Bretagne, terre respectable. Ils ont inventé le vent de face, la pluie horizontale… et le kouign-amann.

Pour ceux qui ne savent pas : le kouign-amann, c’est du beurre, du sucre et une absence totale de compromis.

Ça colle aux doigts, ça ruine toute notion de part raisonnable, et ça te rappelle que la modération est une légende urbaine inventée ailleurs.

Un truc simple. Radical. Bref, un concept très breton.

Et en Bretagne, il faut reconnaître qu’ils sont forts en festivals. Pas dans le sens grand barnum sponsorisé à la boisson énergisante, non. Dans le sens tenir debout quand ça souffle, programmer avec des convictions, et préférer les amplis aux effets de manche.

Aujourd’hui, on va donc parler du festival God Save The Kouign, à Penmarc’h. Finistère sud. Pays bigouden.

La plus belle ville du monde. Source locale, donc incontestable.

The place to beach, oui. Mais surtout the place to stand. Face au vent, à l’océan… et aux amplis.

100 % associatif.

Programmation internationale bien énervée : anglo, franco, américaine, avec des Belges, des Irlandais, des Hollandais et même le Luxembourg. À ce stade, ce n’est plus un festival, c’est une carte de l’Europe qui a décidé de brancher des amplis.

Repères rapides pour survivre

La programmation de God Save The Kouign, c’est un équilibre intelligent entre valeurs sûres, groupes qui tournent beaucoup, scènes post-punk actuelles et découvertes plus rugueuses.

Je ne connais pas tout par cœur. Je ne suis pas une encyclopédie. Mais voici ce que j’ai trouvé :

The Darkness (UK) : hard rock glam, falsetto insolent, riffs en spandex. Fun, oui. Et ça joue vraiment.
White Lies (UK) : post-punk élégant, noir mais dansant. Mélancolie qui tient debout.
Frank Turner & The Sleeping Souls (UK) : folk-punk fédérateur, chœurs de stade, honnêteté à pleine voix.
The Temperance Movement (UK) : rock blues musclé, groove poisseux, héritage 70s assumé.
Maruja (UK) : post-punk free-jazz sous tension. Ça déborde. Excellent signe.
Triggerfinger (BE) : rock tendu, efficace, pas là pour discuter. Bagarre propre.
Chalk (IRL) : post-punk industriel, sombre et nerveux. Coup de cœur.
The Subways (UK) : indie rock énergique, refrains qui collent, pogo immédiat.
The Last Internationale (USA) : rock engagé, rage politique, son massif, convictions intactes.
The Molotovs (UK) : jeunes, bruyants, punk droit devant. L’avenir qui mord déjà.
Cardinals (IRL) : indie nerveuse, guitares brillantes, mélancolie en mouvement.
TVOD (USA) : post-punk sale, ironique, groove urbain. Ça transpire.
The Meffs (UK) : duo punk frontal, zéro filtre, énergie brute.
The Damn Truth (CAN) : rock 70s modernisé, voix puissante, classe sans poussière.
The Tibbs (NL) : soul nerveuse, cuivres et sueur. Danser sans cynisme.
Bywater Call (CAN) : soul sudiste, groove large, chaleur humaine garantie.
Francis of Delirium (LUX) : indie rock génération post-ado, mélodies tranchantes.
Storm Orchestra (FR) : rock alternatif dense, refrains solides, montée en puissance.
Lowland Brothers (FR) : blues rock roots, groove terrien, sincérité totale.
Moundrag (FR) : rock nerveux, sale comme il faut, efficacité live.
Fragile (FR) : indie / post-punk sensible, tension contenue. Belle surprise.
Treaks (FR) : punk direct, urgence et nerfs à vif.
Bâtarde (FR) : noise punk abrasif, pas là pour plaire. Tant mieux.
Broken Wall (FR) : rock tendu, riffs serrés, énergie sans fioritures.

Conclusion

Voilà. The place to beach, donc. Mais surtout the place to prendre le vent, le son et la réalité en pleine face.

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