DALAÏDRAMA, COUP DE CŒUR, NOISE ET PIGEON
(jeune groupe post-punk lillois plein de promesses. Découverts au Grand Mix, confirmés au Main Square, validés par mon radar à chaos. À suivre de près. Très près.)
Je les ai vus par hasard en première partie de Last Train, février 2025, au Grand Mix à Tourcoing.
Le genre de hasard qui te fait croire, pendant 45 minutes, qu’il existe encore une justice dans l’univers.
J’attendais rien de particulier.
Mais je me fais un point d’honneur à toujours regarder les premières parties.
Et plus encore dans cette salle.
À chaud, j’avais noté un truc « très scientifique » du type :
« Dalaïdrama, c’est comme si Sleaford Mods avait fusionné avec Idles dans un truc improbable, avec moustache, casquette, sangle queer et beaucoup de distorsion autour. »
Ce n’était pas une critique.
C’était un avertissement.
Je devais y retourner.
DEUXIÈME PASSAGE
Je les ai revus au Main Square 2025.
Ils jouaient pas loin de Clara Luciani.
Et, sans exagérer, ils m’ont permis de survivre à ce que j’appellerai poliment un attentat auditif.
Deuxième passage.
Deuxième constat :
ils ne sont pas un accident heureux.
Ils confirment.
Ils déboulent.
Ils déboîtent.
Et ils ont ce truc rare chez les jeunes groupes :
une identité qui ne ressemble pas à une copie conforme du moodboard de quelqu’un d’autre.
LE GROUPE
Dalaïdrama, c’est Lille, mars 2024.
Et déjà une vraie colonne vertébrale.
Marvin au chant.
Gauthier à la batterie.
Nathan à la basse.
Hughes à la guitare.
Ils disent écrire ensemble, décider ensemble, bosser beaucoup.
Et surtout :
ils jouent comme si le live avait encore un sens.
Pas le concert-cinéma.
Pas la performance sous cloche.
Un concert où ça vit.
Où ça dérape un peu.
Où ça improvise.
Où ça te met des croche-pieds.
Où tu sens que ça peut partir ailleurs.
Et que c’est justement ça qui est bon.
LE SON
Musicalement, ils sont post-punk.
Oui.
Mais avec une étiquette collée de travers.
Ça traverse le rock, la pop, le stoner, la noise.
Avec des réflexes de jazz dans la façon de laisser respirer, de citer, de casser la route au mauvais endroit.
Leur reprise de Satisfaction de Benny Benassi, c’est exactement leur logique :
prendre un truc ultra connu,
le tordre par l’absurde,
en faire un objet à la fois pop et pas pop du tout,
dansant et dérangeant.
Le genre de morceau qui te fait bouger et grimacer en même temps.
Donc parfait.
LE FOND
Et derrière l’énergie, il y a un vrai fond.
Leur questionnement central est simple et méchant, comme je les aime :
est-ce qu’il ne reste plus que le succès, le mérite et l’illusion du progrès pour définir l’humanité, pendant que les chiffres gonflent et que les gens rapetissent ?
Ça parle d’absurde, de figures d’autorité.
Mais sans le ton de donneur de leçons.
C’est lucide.
Parfois intime.
Souvent ironique.
Toujours tendu vers l’avant.
Ambitieux sans être prétentieux.
Oui, ça existe.
CONCLUSION
Bref.
Je recommande.
Parce qu’ils font partie de ces groupes qui te rappellent :
– pourquoi tu vas encore dans des salles
– pourquoi tu acceptes de payer ton essence et ton audition
– et pourquoi tu refuses de te contenter d’une playlist lissée qui te caresse la nuque
J’ai toujours pas compris pourquoi il y avait un pigeon en plastique sur la batterie.
Mais c’est sans doute une ode au dadaïsme.
Et ça, je respecte.
ON LES VOIT OÙ EN 2026 ?
03/01 – LILLE, La Griffe (avec St. Python et Sinistre Rose)
16/01 – LILLE, L’Aéronef (iNOUïS du Printemps de Bourges)
17/01 – PARIS, La Télévision à l’Olympic Café
07/02 – ARRAS, Le Pharos
19/02 – ROUBAIX, La Cave aux Poètes
05/03 – KORTRIJK (BE), The Pit’s – Bang Zoom Noise Produktions VZW
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