dEUS ARRIVE À PARIS

(Qu’ils jouent Bad Timing ou pas. Dans les deux cas je risque pleurer sur la moquette de l’Olympia)

dEUS part en tournée mondiale.

Avec une intention très claire : rejouer Worst Case Scenario et In a Bar, Under the Sea.

Deux albums fondateurs.

Et moi, j’ai pris mon ticket pour dEUS à l’Olympia parce que l’Aéronef à Lille a affiché complet en un rien de temps.

Proximité de la Belgique oblige.

Mais il faut que je sois honnête.

Si je parle de dEUS, ce n’est pas pour cocher une case « groupe culte belge respecté par les gens sérieux ».

Je parle de dEUS parce qu’il existe des groupes capables de pondre des morceaux qui te suivent trop longtemps pour être anodins.

Et ils en ont pondu un.

Bad Timing.

Qui n’est pas sur les deux premiers albums.

Cruelle ironie.

Bref.

Ce morceau me démonte depuis des années.

Trop.

À chaque fois, c’est pareil :

je tiens une minute trente…

et ensuite je chiale comme un veau lucide.

Sans surprise.

En voiture.
Sous la douche.
En pelant des patates.

Je chiale.

Je sais bien que Bad Timing n’est pas au cœur de cette tournée.

Mais vouloir entendre un morceau en live, même hors cadre, même en traître, même juste une fois dans sa vie, c’est une motivation parfaitement valable.

Si vous ne connaissez pas Bad Timing, je vous conseille cette montée :

position roulée en boule,
plaid obligatoire,
méditation forcée sur la vacuité du monde.

Vraiment.

ALORS dEUS, C’EST QUOI AU JUSTE ?

dEUS, c’est un groupe belge né dans les années 90, quand le rock alternatif n’avait pas encore décidé s’il allait devenir brillant ou complètement con.

Un collectif plus qu’un groupe figé, mené par Tom Barman, cerveau sensible, élégant et légèrement désaxé.

Ils viennent de l’indie, flirtent avec le post-punk, le noise, le jazz déglingué, la pop tordue, sans jamais choisir un camp.

Et surtout sans jamais simplifier.

Pour les casse-noix : non, dEUS n’est pas post-punk au sens strict.

Mais c’est un groupe profondément respecté par toute la scène alternative.

Parce qu’il a prouvé qu’on pouvait être ambitieux, étrange, émotionnel et populaire sans devenir flan.

dEUS sait ce que « faire mal » veut dire.

La tension.

L’élégance bancale.

Le refus de souligner les émotions au Stabilo.

Tom Barman ne te prend pas par la main.

Il te laisse seul avec ton bordel intérieur.

Et il met une section rythmique en face pour que ça tienne debout pendant que tu te fissures.

ALORS OUI

Je vais voir dEUS à Paris.

Et oui.

Si Bad Timing s’invite quelque part dans la soirée, même hors programme, même en douce,

je pleurerai probablement sur la moquette de l’Olympia, en silence,

comme une adulte responsable qui a payé sa place pour ça.

Pas pour la nostalgie.

Pas pour dire « j’y étais ».

Mais parce que certaines chansons te suivent toute ta vie,

et que parfois, il faut les laisser gagner.

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