PETER HOOK, LE FILS PRODIGE ET LE TEE-SHIRT MANCHESTER 1978

Le 15 mars 2025 à Reims, j’ai pris Hook au carré : une leçon vivante de patrimoine post-punk (Joy Division, New Order), jouée en stéréo par un père et son fils.

Et moi, plantée là, avec mon tee-shirt innocent mais pas tant.

Je choisis mes tee-shirts avec soin.

Donc Peter Hook était là avec son fils Jack Bates.

Deux basses.

Deux lignes.

Deux fois plus de descente d’organes.

Jack, c’est l’évolution naturelle du bassiste : la grâce tranquille, la puissance sous contrôle, le mec qui joue comme si le groove avait été inventé pour lui.

Un duo père / fils qui t’arrache l’âme et te la range mieux qu’avant.

Même si Jack passe énormément de temps à cadrer et surveiller son père (qui a tendance à faire du hors-piste), tout en levant un sourcil d’aiguilleur du son.

Mancunien, donc ronchon par principe.

Donc je vivais mon épiphanie côté Jack, tranquille, jusqu’au petit miracle de fosse non sollicité.

(j’ai pas hurlé « moi !! moi !! mOIii!! », je te jure)

Hook repère mon tee-shirt POST-PUNK 1978 – MANCHESTER.

(Il a une bonne vue, bordel.)

Au milieu d’une mer de tee-shirts Joy Division version Zara, il voit le mien.

(*)

Bug.

Un vrai.

Et là, bascule.

Sourire hookien.

Pouces en l’air.

Déplacement latéral.

Intros de Joy Division jouées à 40 cm de mon front.

Les lignes iconiques.

Les vibrations préhistoriques du post-punk.

Moi, sidérée.

Air con premium.

J’ai vu ses doigts sur la basse.

Et pour moi, c’est gigantesque.

POURQUOI MOI ? POURQUOI CE TEE-SHIRT ?

J’ai mobilisé deux neurones sur le sujet.

– 1978 Manchester, c’est l’année zéro : Factory, Tony Wilson, le chaos créatif, les caves humides, la ville encore pleine de poussière d’usines. Le mythe fondateur.
– Hooky voit défiler des masses de tee-shirts Joy Division imprimés par des boîtes qui savent même pas orthographier Salford. Un tee-shirt qui cite l’année et la ville sans logo… c’est un mot de passe.
– Ce tee-shirt rend hommage à l’ADN du son Hook, le boulot de Hannett, les racines du post-punk, les clubs glauques où ça jouait trop fort pour le matos.

Je pense qu’il a vu tout ça, le vieux renard.

Bon.

Maintenant que j’ai arrêté de respirer, on replace Hook là où il doit être :

dans le panthéon, pas dans l’anecdote.

POURQUOI PETER HOOK EST IMPORTANT ?

Remettons les pendules post-punk à l’heure :

Hook, c’est le mec qui a transformé la basse en colonne vertébrale d’un genre entier.

Des flans disent qu’il est opportuniste ; moi je dis qu’il pourrait jouer du Joy Division à l’ocarina filaire en moonwalk, il aurait encore raison.

Et je les emmerde.

Et puisqu’on parle de Joy : si tous les gardiens du temple qui prétendent les avoir vus les avaient vraiment vus, Joy Division aurait rempli quinze fois Old Trafford.

C’est mathématique.

Même moi j’ai pas vu Joy Division.

Et je suis plus très fraîche.

Mais Joy Division traverse tout :

– les années
– les salles
– les gosses
– les emmerdeurs

Hook la joue, et ça vit.

Point.

Le reste, c’est de l’aigreur sous perfusion.

FIN DE TRANSMISSION

(*) PS – Et grand respect à ceux qui portent le JD Zara, on fait tous ce qu’on peut pour garder les nerfs en musique avec le budget dont on dispose. Zara, eux, devraient juste arrêter d’imprimer l’histoire du post-punk sans lire le livret.

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