NIN, SLEAFORD MODS ET LES CAGETTES DE BIÈRE (LOVE AND DISORDER EDITION)
Il faut toujours respecter les techos. Toujours.
Sans eux, un concert c’est juste des glandus qui font de la poésie en acoustique.
Les techos, ils vivent en bermuda, tirent des câbles comme des prières, déplacent des trucs qui roulent jamais, bossent tout le temps, dorment mal, et montent un festival entier avec trois serflex et un couteau suisse fatigué.
Et puis… la légende raconte que parfois ils voient des trucs.
Gros festival. Scène secondaire, planquée dans les arbres.
Le tech plateau / accueil artistes fait son job : kits, praticables, son, lumière, petits miracles dans la forêt.
Pendant ce temps, à un kilomètre : NINE INCH NAILS. Tête d’affiche.
Installation nucléaire. Trois camions. Un rider qui pourrait déclencher une réunion d’urgence à l’ONU.
Le techos ? Il bouge pas. Il travaille. Il ne verra rien.
Impossible de traverser la jungle humaine pour aller voir NIN avant son prochain coup de bourre.
Alors il fait ce que fait un techos quand il est privé de moment mythique : il se fabrique son moment symbolique.
Dans son sac, il a un vieux clou.
Un nine inch nail artisanal.
Il le scotche sur la porte du bureau backstage.
Et il écrit dessus : backline NIN.
Un autel. Un clin d’œil.
Un « moi aussi, j’y suis »… version bricolée.
Et voilà que débarquent les SLEAFORD MODS.
Pas de camions. Pas de diva. Pas d’ingé son à cravate.
Leur rider : three beer crates, please.
Trois cagettes de bière. Vides. Françaises.
Pour poser le laptop d’Andrew pendant que Jason insulte la planète en dansant comme un prophète en survêt.
Minimalisme absolu.
Les techos fondent.
Ils empilent les cagettes avec amour, alignent ça propre, écrivent backline SLEAFORD MODS…
Et ils prennent la photo que vous voyez.
Deux mondes sur le même festival :
le rock industriel nucléaire,
et deux gars, un PC, trois caisses.
Entre les deux : les techos.
Toujours là. Toujours solides.
Toujours prêts à faire tourner le monde sans juger personne.
« Voilà », m’a dit ce techos.
« Démerde-toi avec ça. »
Love and disorder.
Alors voilà.
Je vous démerde ça.
Merci à Toy Grendel pour cette belle anecdote et pour la photo.
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