ROYAL REPUBLIC : LA CONNERIE QUALIFIÉE QUI TE MET À L’AMENDE

Royal Republic en concert à L’Aéronef de Lille

Royal Republic a transformé L’Aéronef de Lille en machine de guerre rock doublée d’une kermesse suédoise sous haute précision. Garage, disco, glam, keytar, Bee Gees et connerie parfaitement maîtrisée : surtout, ne pas commettre l’erreur de prendre tout ça au premier degré.

Je suis arrivée en pensant voir une kermesse. Un truc fun, un peu débile, deux riffs, trois blagues, une chenille et basta.
J’étais là pour ça. Erreur stratégique.

Je suis tombée sur des musiciens extrêmement sérieux dans leur connerie.

Royal Republic : des Suédois extrêmement sérieux dans leur connerie

Pour situer rapidement le niveau de diplomatie : ROYAL REPUBLIC c’est un groupe suédois formé à Malmö, quelque part entre le rock garage et la blague potache exécutée avec une précision militaire. Eux-mêmes disent : « On sait absolument pas ce qu’on fait mais on le fait ».

Et les Suédois ont débarqué à L’Aéronef de Lille avec des looks improbables : cuir, mulet, guitare qui clignote et un bassiste au keytar.

Un riff plus tard, la fosse était retournée.
« My House ». Rideau.

Sur scène : chorégraphies débiles, instruments WTF, tétons en liberté sous des cuirs et des marcels, blagues absurdes sur les guitares acoustiques piège à meufs, chorale improvisée, et un frontman qui descend dans la fosse filer une cloche à un inconnu pour jouer à contretemps mais avec conviction.

Au milieu reprise des Bee Gees. Pourquoi ? Parce que !

Énorme set rock lourd avec des morceaux de disco, glam, métal et autres curiosités polyphoniques dedans.

Une fosse retournée à L’Aéronef

Dans la salle : slams dorsaux, slams ventraux, perte de godasse, circle pit hésitant, danse absurde.
Tout le bestiaire de fosse, si tu savais regarder au-delà du front row, qui semblait prendre ça au premier degré.
Erreur majuscule.

Si tu prends ça au premier degré, tu passes à côté du groupe. Pire : c’est même un contresens complet.

Machine de guerre rock contre foire au kitsch

Parce que Royal Republic avance sur une ligne très fine : machine de guerre rock d’un côté, foire au kitsch de l’autre. Virtuosité contre beaufitude. Ils marchent sur ce fil. Et ils ne tombent jamais.

C’est peut-être ça leur vrai talent : réussir un spectacle extrêmement efficace et parfois absurde, sans jamais tomber dans la parodie.
Tout est millimétré. Mais rien n’est cynique.
Les mecs ont juste l’air très contents de jouer. Et ça se sent.

Résultat : pendant 1h30, mon cortex a abandonné le contrôle et a laissé les clés au cerveau reptilien. Celui qui hurle BABY en faisant des squats en fosse.
Et franchement, ça fait un bien fou.

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