Retour de fosse
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LaFosseuse
CODE 150 À PARIS : NAISSANCE EN DIRECT D’UNE NOUVELLE LIGNE SOMBRE
Pour la première session live de Bateau Fantôme
(merveilleuse initiative, j’y reviendrai plus tard), je suis venue soutenir des jeunes pousses qui donnaient leur premier concert à la capitale.
Pas pour découvrir.
Pas par curiosité mondaine.
Mais parce que je savais déjà. Je voulais la confirmation !
CODE 150
Je les ai aimées avant la validation.
Avant les kilomètres.
Avant les « révélations 2026 ».
Et hier soir, au QG Oberkampf, j’ai vu exactement ce que j’avais entendu sur disque.
Code 150, c’est un duo féminin darkwave / rock. Delphine aux synthés, Stéphanie Peel au chant et à la guitare. Deux femmes. Deux présences. Un univers sombre, dense, lancinant, hypnotique. De l’électronique et de l’électrique qui se confrontent sans jamais s’éteindre.
On est clairement dans la grande tradition dark wave des années 80, mais sans cosplay ni nostalgie facile. Les médias parlent de Siouxsie, de Skeletal Family, d’Anne-Marie Hurst pour la couleur vocale. Ils évoquent aussi Visage et Ultravox pour la structure synthétique, l’élégance froide, le romantisme noir. Je comprends ces références. Elles sont justes. Mais elles ne racontent pas tout.
La voix de Stéphanie, qu’on peut aussi entendre dans Stella Peel, a du caractère. De l’autorité. Certains parlent d’une intensité proche de Grace Jones. Oui, il y a cette tenue, cette présence, ce truc qui ne tremble pas. Mais il y a aussi autre chose, plus imprévisible, plus vivant.
Code 150 ne copie rien. Elles prennent cette matière dark et elles la font circuler autrement. Mélodies entêtantes, synthés analogiques enveloppants, rythmes qui accrochent sans forcer. C’est froid, mais ça pulse. C’est sombre, mais ça danse.
Le premier EP, sorti en avril 2023, a été salué pour son authenticité et la qualité de sa production. « Dancer in the Dark » revient souvent comme morceau clé, celui qui peut s’imposer sur un dancefloor dark avec une vraie charge émotionnelle. Les critiques parlent d’esprit dark wave classique, d’instrumentation solide, de production maîtrisée. Et surtout, ils parlent de potentiel. Ils sentent que quelque chose arrive.
Tous les morceaux sont mixés par Franck Amendola de Corpus Delicti. Ce n’est pas un détail. Ça les inscrit dans une filiation exigeante de la scène dark française.
Et elles ne s’arrêtent pas là. Après la sortie du single « Hypnotized » en avril 2025, un second opus est en préparation. La trajectoire est cohérente. Ambitieuse. Construite.
Code 150 ne rejoue pas les années 80. Elles en prolongent la ligne. Et sur scène, j’ai vu.
Deux femmes. Deux présences.
Delphine au synthé.
Une reine. Elle ne joue pas derrière ses machines, elle les gouverne.
Nappes glaciales, structures nettes, froid maîtrisé.
Pas du décor. De l’architecture.
Stéphanie à la voix et à la guitare.
Grave à la Marianne Faithfull, autorité à la Grace Jones.
Et quand ça monte, ça vrille façon Nina Hagen.
Amplitude ressentie déraisonnable.
Regard bleu frontal. Pas une pose. Un contact.
C’est un groupe jeune. Et c’est précisément ça qui est excitant. Parce qu’on assiste en direct à la naissance d’un truc. Et ça, c’est excitant pour une vieille fosseuse comme moi.
En bref.
Je suis venue soutenir.
Je repars confirmée.
Et quand certains découvriront Code 150 comme « la nouvelle dark wave française », je sourirai. Tranquillement.
Et je salue le flair de la programmation au passage. Faut avoir des corones pour miser sur un groupe émergent. Bravo à eux. Vous pourrez dire : je vous l’avais bien dit ! Et ce sera justice.
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