THUNDERCAT SALLE PLEYEL : DE SUICIDAL TENDENCIES À SPINAL TAP, UNE USINE À GROOVE À PARIS
Il y a des concerts où, si on regarde mon bordel intérieur, je ne suis techniquement pas supposée être.
Et qui m’attirent cependant.
Thundercat en fait partie. Et il joue mardi 18 mars, salle Pleyel à Paris.
Thundercat, c’est Stephen Bruner, bassiste californien passé par le metal (Suicidal Tendencies, bordel), le jazz, le funk et le hip-hop, mais dont la spécialité est : le groove tenu.
On y croise du jazz-funk, de la soul mutante, des harmonies sophistiquées, mais rien ne cherche à dominer. Les références existent, mais elles flottent.
Avec sa basse énorme, surtout 5 cordes, parfois 6, rarement 4, Thundercat, c’est un ovni calme. Une anomalie douce qui groove comme s’il avait tout son temps.
Précision importante : Thundercat n’est pas un chanteur avec une basse. C’est un bassiste. Le reste vient après. Et pour moi, c’est un aimant.
Et même si on pourrait craindre l’intellectuel du slap, le théoricien du funk, bref l’emmerdeur diplômé, je suis à peu près sûre que ce n’est pas ça.
Pourquoi ?
D’abord, la façon dont il se présente.
Un type presque avalé par une basse beaucoup trop grande pour lui. Des accessoires et des fringues qui n’obéissent à aucune loi vestimentaire connue.
On dirait un personnage secondaire de dessin animé funk qui aurait pris le contrôle du plateau par erreur, genre : « pardon, c’était pas prévu, mais je reste ».
Ensuite, ses choix de carrière.
Virtuose reconnu, le mec pourrait jouer la carte du respect, du prestige, de la belle chaise et du silence religieux.
Non.
Il se pointe chez Jimmy Kimmel pour la sortie du second volet de Spinal Tap et accepte de jouer la quatrième basse du morceau de basse le plus con jamais écrit : Big Bottom. Avec Derek Smalls. Et sa moustache.
La classe absolue. Celle qui n’a plus rien à prouver.
Il y a aussi le Tiny Desk qu’il a fait. Le détecteur universel à bullshit. Pas de lumière, pas de pose, pas d’excuse.
Si tu tiens le Tiny Desk, tu tiens tout. Il tient. Tranquille.
Et puis il y a ce détail que je répète volontairement, parce qu’il vaut tous les discours : il a joué avec Suicidal Tendencies.
Je répète : Suicidal Tendencies.
Il est arrivé quand Robert Trujillo est parti faire des choses discutables chez Metallica (mais qu’est-ce que t’es allé foutre là, Bob, sérieux).
Ce qui laisse à penser que Thundercat n’est pas exactement arrivé par erreur.
Conclusion fosse
Pour toutes ces raisons, j’ai très envie d’y aller, sans la moindre culture musicale dans ce style, mais avec la certitude qu’un type comme ça trouvera toujours les notes pour me parler.
Partager


