LE DÉJÀ-SAOULE À 16H, AU CAMION DE LA CROIX-ROUGE À 18H…
(Série d’observation hivernale en attendant les migrations festivalières. Aujourd’hui : le gars qui paye pour tout voir la tête dans une poubelle)
Tu arrives tranquille. Soleil encore haut. Pas un seul pogo à l’horizon.
Et là… il est déjà là.
Le spécimen.
Rouge comme une brique. Humide comme une serpillère. En train de gueuler « ÇA VA ÊÊÊTTTRE TROP BIEEEEN » à un mur.
C’est le mec qui a payé 99 balles pour un festival dont il verra réellement un groupe : celui qui joue à 15h25 sur la scène régionale, un trio dont sa cousine connaît le bassiste.
À 16h
torse-poil même en novembre à Troyes
la pinte collée à la main comme une ventouse
déjà en train de renverser de la bière sur quelqu’un (il dit pardon mais il ne maîtrise déjà plus rien)
persuadé que tout le monde veut être son ami (non, même ses potes sont tannés)
incapable de marcher droit (il zigzague comme si le sol était en pente)
À 17h
Il chante Wonderwall entre les morceaux.
À 17h42
Il fusionne avec le grillage de sécurité.
À 18h
On le retrouve nez dans une poubelle, dans un moment de sincérité absolue avec ses regrets, sa bile et une merguez froide.
À la Croix-Rouge, il dit : « j’suis pas si mal, hein… » alors qu’il ressemble à un fer à repasser fondu.
Fin de soirée
sur les épaules d’un mec qui ne sait pas qui il est
ou dans le bus retour en mode momie de bière
sans avoir vu la tête d’affiche, ni même compris qu’il y avait des scènes
Statut
Un monument. Une tradition. Une énigme biologique.
Un avertissement pour la jeunesse. Un investissement pour les festivals.
Et quelque part… un grand classique de nos étés.
Moralité
L’ennemi n’est jamais la bière.
C’est l’horaire.
À suivre.
Prochainement : les chiottes sèches. Et peut-être, enfin, les urinoirs féminins.
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