THE CURE : BATACLAN, 17 DÉCEMBRE 1979
(ou comment Yves a attrapé un badge en vol avant que Robert Smith ne devienne le patron du spleen mondial)
Le 16 décembre, Yves voit Stiff Little Fingers à Paris. J’ai raconté hier.
Normal.
Le 17 décembre, il enchaîne avec The Cure au Bataclan, pensant innocemment que c’est leur premier concert parisien.
C’était il y a 46 ans jour pour jour.
Spoiler : la veille, ils jouaient déjà au Théâtre de l’Empire pour Chorus. Mais bon… Antenne 2 n’avait pas encore inventé la notification push.
THE CURE VERSION « FOUR ORDINARY BOYS »
Pas de cheveux crêpés.
Pas de khôl signature.
En 1979, The Cure arrive comme trois étudiants qui ont raté le dernier bus.
Des gamins maigres, propres, sobres, presque polis.
Rien à voir avec la silhouette qui deviendra plus tard un concept cosmique.
Yves est fan depuis la première minute.
Le tout premier single sur Small Wonder, acheté pendant que d’autres achetaient du Queen.
Face A, face B, il a usé le disque jusqu’à la corde.
LE CHOC : A FOREST
Et là …
Sur scène…
Ils jouent A Forest.
Un titre qui n’est encore nulle part.
Pas sur un album.
Pas en single.
Pas dans les bacs redécorés par des punks en 77.
Juste un morceau tombé du futur.
Yves prend le coup en plein sternum.
Un choc esthétique.
Un truc froid, rapide, sylvestre, hypnotique.
Il pense que la version du Bataclan était encore plus nerveuse que celle filmée à l’Empire.
Impossible de vérifier : pas de bootleg. Enfin pas à notre connaissance.
Si y a des archivistes dans la salle…
LE SET
Sur scène, ça va vite.
Plus vite qu’aujourd’hui.
Three Imaginary Boys, Killing an Arab version TGV.
C’était la mode : jouer comme si quelqu’un avait oublié un rôti dans le four.
Et puis il y a le geste mythique de Smith.
Le lancer de badges.
Une pluie de petits objets ronds, devenus talismans gothiques quarante ans plus tard.
Yves en chope un.
AU VOL.
Personne ne sait comment.
Il ne le perdra jamais.
Il en a perdu mille autres, mais pas celui-là .
Un badge qui a traversé des décennies de caves, de concerts, de déménagements et de soirées où tu rentres avec des trucs dont tu ignores l’origine.
LE DÉTAIL QUI TUE
Regarde bien le ticket d’époque.
The Cure y est vendu comme un groupe pop.
POP.
La plus belle erreur de casting de l’histoire de la catégorisation musicale.
On sent déjà que tout va déraper.
Mais ce n’est pas encore écrit.
APRÈS
Presque cinquante ans plus tard, The Cure tourne toujours.
Ils arrivent en août à Rock en Seine.
Billetterie pulvérisée.
Groupe désormais intouchable.
Mondialement respecté.
Et le Bataclan est toujours là .
Le badge et le ticket en photo sont les originaux.
Merci à Yves de me les avoir prêtés pour cette chronique.
Et demain, on part voir Joy Division aux Bains Douches.
En 1979.
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