L’HOMME QUI A VU LE POST-PUNK AVANT QUE CE SOIT LE POST-PUNK
(et qui a survécu à tellement de choses que j’en ai fait une série)
Je vous présente Yves.
Enfin, s’il y a besoin de le présenter.
Yves, le chanteur de Guerre Froide. Certes.
Mais ici, Yves est surtout fosseur compulsif.
Témoin direct du chaos post-punk. Le vrai.
Yves a traversé Bauhaus en tension interne, Alan Vega avec des pom-pom girls, Neubauten version pelleteuse illégale, Iggy Pop en mode Darwin Award, Taxi Girl en émeute, Tovey et ses poils, The Damned au Gibus par accident, des skins qui lui piquent ses pompes, et deux concerts qui finissent aux urgences.
Seulement deux, qu’il dit.
À chaque fois qu’il évoque un souvenir, j’ai deux réactions simultanées :
- Je le déteste cordialement, parce que je suis née dix ans trop tard.
- Et putain, faut absolument que je partage ça, pour ceux qui sont nés dix ans trop tard.
Alors je l’ai contacté.
Et on a fait un pacte.
Avec son accord, j’ouvre les Archives d’Yves.
Pourquoi ?
Parce que moi, aujourd’hui, je vais en fosse avec crème solaire, plan d’évacuation, bouteille d’eau et respect du périmètre.
Lui y allait avec un ticket froissé, zéro info, un anglais approximatif, et une capacité surnaturelle à finir la soirée à moitié détruit sans jamais rater la fin du set.
Ce que je fais, c’est simple.
Je transmets.
Je reprends ses récits, je garde le matériau radioactif d’origine, j’ajoute mes conneries, et je publie ici, dans Fosse Commune.
Toujours sourcé.
Toujours avec son feu vert.
Parce que mon témoin est un artiste que je respecte, un humain lumineux, un lecteur-correcteur.
Et parce que, accessoirement, je tiens à ma peau.
S’il existe des fosses aujourd’hui, c’est parce que des gars comme Yves ont tenu la ligne de front avant nous.
Ils ont ouvert le sol.
Ils ont laissé des cicatrices.
Ils ont mis le feu.
Moi, je fais juste circuler la flamme.
Et éviter qu’elle finisse en bougie parfumée.
Je raconte des fosses originelles.
Celles où c’était le bordel et ce n’était pas grave.
Celles où je n’étais pas.
À chaque date anniversaire.
Et demain, on attaque la trilogie sacrée de décembre 1979 à Paris :
- Stiff Little Fingers
- The Cure
- Joy Division
Trois jours.
Trois claques.
Trois archives mythiques.
À demain.
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