GOTHMANIA : CEMETARY GIRLZ ET GUERRE FROIDE AU LOUVRE-LENS

(ou comment un musée national a décidé que le Nord méritait le sublime, le bruit et les cheveux noirs)

Faut que je vous parle d’un miracle. Un vrai.

Le samedi 17 janvier, le Louvre-Lens organise GOTHMANIA, une journée full goth (avec expo, conférences autour de la contre-culture gothique) avec cinq groupes en live à partir de 19h dans l’enceinte du musée et dans le cadre de l’exposition Gothiques (à voir jusqu’au 26 janvier, je dis ça, je dis rien).

Un coup de maître. Je valide. J’applaudis.

Parce que le Louvre-Lens est, définitivement :

– un musée qui a compris que la culture, ce n’est pas réservé aux brunchs parisiens
– un musée qui ose dire que les gens d’ici aiment autre chose que Kendji et les marchés de Noël
– un musée qui a pigé cette vérité absolue : la beauté n’a pas de code postal. Et quand elle descend dans le Nord, elle ne perd rien. Elle gagne même un supplément de fierté

L’EXPO GOTHIQUES, DÉJÀ, TAPAIT FORT

Je l’ai faite.

Un parcours qui mélange moyen âge, profane, Siouxsie, gargouilles, années 80, architectures impossibles et secrets planqués dans des armoires.

Avec au centre un cabinet des curiosités monté par deux médiatrices qui ont compris que le goth est une vision du monde.

Bref : beau, bizarre, intelligent.

Comme la musique qui en porte l’héritage.

Et là…

Le Louvre a décidé d’appeler la scène elle-même.

Pas un tribute. Pas un ersatz « grand public ».

Les vrais.

Ceux qui sentent le spleen et les caves humides.

UN LINE-UP NUCLÉAIRE

À l’affiche : un pont entre le patrimoine et les jeunes pousses.

Guerre Froide, évidemment.

La colonne vertébrale de la cold française.

Le groupe qui a gelé la nuit avant tout le monde.

Leur minimalisme est dans l’ADN du Nord.

On ne peut pas faire plus patrimoine vivant.

The Cemetary Girlz en tête d’affiche.

Un groupe que j’ai vu commencer dans des sous-sols où tu perdais deux ans d’espérance de vie par soirée.

Aujourd’hui ?

Hellfest.

Tournées internationales.

Russie, Brésil, Mexique, USA/Canada.

Le CV goth ultime.

Avec eux :

– les Belges de Hyldr (gothic metal)
– Canteleu, les Lillois (coldwave)
– Brutal Beatnik (electro expérimentale)

Et ce casting raconte exactement ce qu’est la scène actuelle :

– des anciens indémodables
– des nouveaux qui mordent
– des trajectoires qui s’emmêlent
– un son qui refuse de crever
– et un public qui vieillit… mais jamais en silence

JOURNÉE 100% GOTH

Enfin, GOTHMANIA, ce n’est pas juste une soirée.

C’est une journée entière où le Louvre-Lens a décidé de basculer en mode nocturne dès 14h.

Tu veux comprendre la culture goth sans finir coincé dans un forum de gens qui se disputent sur la meilleure période de Siouxsie ?

Commence par la conférence de DJ Nash, qui démonte l’histoire du noir avec pédagogie et eyeliner.

Ensuite, à 16h, tu pars en balade photo dans le parc.

Version Burton meets Pas-de-Calais :

– des arbres tordus
– des ombres qui bougent
– de la pluie élégante
– et toi au milieu avec ton smartphone en train de faire semblant d’être un corbeau

Et à 19h, on éteint les lumières.

Cinq groupes.

Zéro compromis.

Un musée qui vibre comme une cave de 1983.

Une journée goth complète, pensée comme un rituel du crépuscule jusqu’au vacarme.

10 euros le billet sur la boutique du Louvre-Lens.

Et j’ai le mien.

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